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LIVRE XXVI,

souverain qu’il venait de remporter une victoire signalée sur l’empereurNapoléon , commandant en personne trois corps d’armée, ceux desmaréchaux Davoust, Launes et Suchet, plus la cavalerie du princeMurat. Or il n’y avait pas, comme on a pu le voir, de corps d’arméedu maréchal Suchet, puisque le général Suchet , commandait simple-ment une division du maréchal Launes ; il y avait sur le terrain dePultusk deux divisions du maréchal Lannes, une seule du maréchalDavoust, pas de cavalerie du prince Murat, et encore moins d’empe-reur Napoléon commandant en personne.

On a souvent parlé de bulletins menteurs de l’empire, plus vraiscependant qu'aucune des publications européennes de cette époque;maisque faut-il penser d’une telle manière de raconter ses propres actes?Les Russes assurément étaient assez braves pour être véridiques.

Dans cette même journée du 26 , les deux divisions restées atl ma-réchal Davoust, ainsi que les deux divisions composant le corps dumaréchal Augercau, arrivaient en face de Golymin. Ce village étaitentouré d’une ceinture de bois et de marécages, entremêlée de quelqueshameaux, derrière laquelle les Russes étaient établis, avec une forteréserve au village même de Golymin.

Le maréchal Davoust débouchant par la droite, c’est-à-dire par laroute de Pultusk, fit attaquer les bois qui formaient de son côté l’ob-stacle à vaincre, pour pénétrer dans Golymin. Le maréchal Augereaudébouchant par la gauche, c'est-à-dire par la route de Lopaczym, avaità traverser des marécages, semés de quelques bouquets de bois, et aumilieu de ces marécages un village à emporter, celui de Ruskovo, paroù passait la seule route praticable. La brave infanterie du maréchalDavoust repoussa, non sans perte, l’infanterie russe des corps détachésde Sakcn et de Gallitzin. Après une vive fusillade, elle la joignit à labaïonnette, et la contraignit par des combats corps à corps à lui aban-donner les bois auxquels elle s’appuyait. A la droite de ces bois si dis-putés , le maréchal Davoust forçait la route de Pultusk à Golymin, etlançait sur les Russes une partie de la réserve de cavalerie, confiée àRapp, l’un de ces aides de camp intrépides que Napoléon tenait soussa main pour les employer dans les occasions difficiles. Rapp culbutal’infanterie russe, tourna les bois, et fit ainsi tomber l’obstacle qui cou-vrait Golymin. Mais exposé à un feu des plus vifs, il eut le bras cassé.A gauche Augereau franchissant les marécages, malgré les forces enne-mies placées sur ce point, enleva le village de Ruskovo, et marcha de