Band 
[7. - 8.]
Seite
209
JPEG-Download
 

EYLAUj

209

son côté sur Golymin, but commun de nos attaques concentriques. Ony pénétra ainsi vers la fin du jour, et on s’en rendit maître, après unengagement des plus chauds avec la réserve de la division Doctorow.Comme à Puliusk, on recueillit beaucoup d’artillerie, quelques prison-niers, et on joncha la terre de cadavres russes. En combattant contreeux on prenait moins d’ennemis, mais on en tuait davantage.

Dans cette journée du 2G, nos colonnes étaient partout aux prisesavec les.colonnes russes , sur un espace de vingt-cihq lieues. Par uneffet du hasard, impossible à prévenir quand les communications sontdifficiles, tandis que Lannes avait trouvé devant lui deux ou trois foisplus de Russes qu’il n’avait de Français , les autres corps rencontraientà peine leur équivalent, comme les maréchaux Augercau et Davoust àGolymin, ou aucun ennemi à combattre, comme le maréchal Soultdans sa marche sur Ciechanow, et le maréchal Bernadotte dans samarche sur Biezun. Toutefois le maréchal Bessières, servant d’éclai-reur à notre aile gauche avec la seconde réserve de cavalerie, avait jointles Prussiens à Biezun , et leur avait fait un bon nombre de prison-niers. Le maréchal Ney, qui formait l’extrême gauche de l’armée,avait marché de Strassburg à Soldau et Mlawa , poussant devant lui lecorps de Lestocq. Arrivé le 2G à Soldau, au moment même où Lannescombattait à Pultusk , où les maréchaux Davoust et Augercau combat-taient à Golymin, il avait dirigé la division Marchand sur Mlawa , afinde tourner la position de Soldau, précaution nécessaire, car on pouvaity trouver d’insurmontables difficultés. En effet, le bourg de Soldauétait situé au milieu d’un marais impraticable, qu’on ne traversait quepar une seule chaussée, longue de sept à huit cents toises, reposanttantôt sur le sol, tantôt sur des ponts que l’ennemi avait eu soin decouper. Six mille Prussiens avec du canon gardaient cette chaussée.Une première batterie l’enfilait dans sa longueur; une seconde, établiesur un point bien choisi dans le marais, la battait en écharpe. Ney,avec le 69 e et le 7G°, y marcha impétueusement. On jeta des madrierssur les coupures des ponts, on enleva les batteries au pas de course;on culbuta à la baïonnette l’infanterie qui était rangée en bataille surla chaussée, et on entra pêle-mêle avec les fuyards dans le bourg deSoldau . Là une action des plus vives s’engagea avec les Prussiens. Ilfallut leur enlever Soldau maison par maison. Nous n’y parvînmesqu’après des efforts inouïs, et à la chute du jour. Mais à ce moment lebrave général Lestocq, ralliant ses colonnes en arrière de Soldau, fit