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EVI.AU.

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Les premiers jours de cel établissement, au milieu des marécages etdes forêts de la Pologne , et durant les rigueurs de l’hiver, furentpénibles. Si le froid eût été vif, le soldat, chauffé aux dépens des forêtsde la Pologne , eût moins souffert de la gelée que de cette humiditépénétrante, qui détrempait le sol, rendait les arrivages presqueimpossibles, les fatigues du service plus grandes, attristait les yeux,amollissait les corps, abattait les courages. On ne pouvait pas, dans cepays, avoir un plus mauvais hiver qu’un hiver pluvieux. La tempé-rature variait sans cesse de la gelée au dégel, n’atteignant jamais plusd’un ou deux degrés de froid, et retombant bientôt vers la températurehumide et molle de l’automne. Aussi désirail-ou le froid, comme dansles beaux climats on désire le soleil et la verdure du printemps.

Cependant, après quelques jours la situation devint meilleure. Lescorps se logèrent dans les villages abandonnés ; les avant-gardes seconstruisirent des cabanes avec des branches de sapin. On trouvabeaucoup de pommes de terre et assez de viande sur pied. Mais onétait fatigué de pommes de terre, on soupirait après du pain. Peu à peuon découvrit dans les bois des grains cachés, et on les réunit enmagasin. On eu reçut aussi par la Yistule et la Narew , de ceux quel’industrie des juifs faisait descendre à Varsovie , à travers les cordonsmilitaires de l’Autriche . Une adroite corruption, pratiquée par ceshabiles commerçants, avait endormi la vigilance des gardiens de lafrontière autrichienne. Les fournitures bien payées, ou en sels prisdans les magasins prussiens, ou en argent comptant, s’exécutaient avecassez d’exactitude. Les fours , les moulins détruits se rétablissaient.Les magasins de réserve commençaient à s’organiser. Les vins néces-saires à la santé du soldat et à sa bonne humeur, tirés de toutes lesvilles du nord, où le commerce les amène en abondance, et trans-portés par l’Oder, la Warta, la Netze, jusqu’à la Vistule , arrivaientaussi, quoique avec plus de difficulté. Tous les corps, à la vérité, nejouissaient pas des mêmes avantages. Ceux des maréchaux Davoust etSoult, plus avancés vers la région boisée, et loin de la navigation dela Vistule , étaient les plus exposés aux privations. Les corps des maré-chaux Lannes et Augereau, établis plus près du grand fleuve de laPologne , avaient moins à souffrir. L’infatigable Ney s’était ouvert unesource d’abondance par son industrie et sa hardiesse. Il était fort rap-proché du pays allemand,,qui était extrêmement riche, et de plus ils’était aventuré jusqu’aux bords de la Prégel. I! y faisait des expédi-