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EYLAU.

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Nèisse’, qui ferment les portes de la Silésie (lu côté de la Bohême.Napoléon ordonna de les assiéger les unes après les autres, et sedécida, en ce qui le concernait, à un acte rigoureux, conformed'ailleurs au droit de la guerre, c’était de les détruire. En conséquenceil prescrivit de faire sauter les ouvrages de celles qui étaient, déjà enson pouvoir. Il avait pour agir ainsi une double raison, l uue du mo-ment, l’autre d’avenir. Dans le moment il ne voulait pas disséminerses troupes en multipliant autour de lui les postes à garder ; dansl’avenir, ne comptant plus sur la Prusse comme sur une alliée, s’aper-cevant tous les jours qu’il ne fallait pas se tlatter de ramener l’Autriche ,il n’avait plus rien à espérer que de la mésintelligence qui avaittoujours divisé ces deux cours. La Silésie , démantelée du côté del’Autriche , devait devenir pour la Prusse un objet d’inquiétude, uneoccasion de dépenses, une cause d'affaiblissement.

Ainsi sur les derrières de l’armée, à gauche comme à droite, le pro-grès visible de uos opérations attestait (pie l’ennemi ne pouvait pasles troubler, puisqu’il les laissait accomplir. Seulement quelques parti-sans sortis des places de Colberg et de Dantzig, recrutés par des pri-sonniers prussiens qui s’étaient échappés, infestaient les routes. Diversdétachements furent employés aies poursuivre. Un léger accident, qmn’eut rien de grave , inspira toutefois un instant de crainte pour latranquillité de l’Allemagne. La Hesse , dont ou venait de détrôner lesouverain , de détruire les places, de dissoudre l’armée, était naturelle-ment la plus mal disposée des provinces de l’x\llemagne envers les Fran-çais . Trente mille hommes licenciés, oisifs, privés de solde et d«moyens de vivre, étaient, quoique désarmés, un levain dangereux quela prudence conseillait de ne pas laisser dans le pays. On avait imaginéd’enrôler une partie d’entre eux, sans dire où on les ferait servir. L’in-tention était de les employer à Naples . Le secret ayant été divulgué parquelques indiscrétions commises à Mayence , le rassemblement desenrôlés s’insurgea , en disant qu’on voulait envoyer les Hessois périrdâns les Calabres. Le général Lagrange, qui commandait en Hesse ,n’avait que fort peu de troupes à sa disposition. Les insurgés désar-mèrent un détachement français , et menacèrent de soulever la Hess#

1 La ville de Neisse , défendue par six mille hommes de troupes prussiennes, futinvestie le 25 février et réduit à capituler le t-r juin. Cette conquête valut auxFrançais plus de cinq mille prisonniers et trois cent tingt-huit bouches à feu.

(F. W.).