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EYLAU.

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Niémen, et terminerait la guerre par un acte éclatant. L’armée fran-çaise , ajoutait M. (le Lucchesini, n’était ni démoralisée, ni privée deressources, ainsi qu’on le prétendait ; elle vivait bien, s’accommodaitdu climat humide et froid de la Pologne , tout comme elle s’était accom-modée jadis du climat sec et brûlant de l’Égypte ; elle avait enfin unefoi aveugle dans le génie et la fortune de son chef.

Ces nouvelles d’un observateur calme et désintéressé abattirent lesfausses joies des Autrichiens. La cour de Vienne , tant pour rassurerNapoléon par une démarche amicale, que pour avoir au quartier généralfrançais un informateur exact, demanda l’autorisation d’envoyerà Varsovie M. le baron de Vincent. Les ministres des cours étrangères,qui avaient voulu suivre M. de Talleyrand à Berlin , quelques-unsmême à Varsovie , avaient été poliment éconduits, comme témoinsincommodes et souvent fort médisants. On consentit toutefois à rece-voir M. de Vincent, par ménagement pour l’Autriche , et pour luifournir aussi un moyen direct d’être instruite de la vérité, qu’on avaitplutôt intérêt à lui faire connaître qu’à lui cacher, M. de Vincent arrivavers la fin de janvier à Varsovie .

Tandis que Napoléon employait le mois de janvier 1807, soit à con-solider sa position sur la Vistule et sur l’Oder , soit à grossir son arméede renforts venus de France et d’Italie , soit enfin à soulever l’Orientcontre la Russie , se tenant prêt à faire face à toute attaque immédiate,mais n’y croyant guère, les Russes lui en préparaient une, et des plusredoutables, malgré les rigueurs de la saison. Après l’alfaire de Pul-tusk, le général Benningsen battu, quoi qu’il en eût dit, car on ne seretire pas en toute hâte lorsqu’on est victorieux, avait passé la Narew ,et se trouvait dans le pays de landes, de marécages et de bois, quis’étend entre la Narew et le Bug. Il y avait recueilli deux divisions dugénéral Buxhoewdcn, fort inutilement laissées par celui-ci à Popowo,sur le Bug, pendant les derniers engagements. Il remonta la Narew avec ces deux divisions, et celles de son armée qui avaient combattu àPultusk . Dans ce même moment, les deux demi-divisions du généralBenningsen qui n’avaient pu le rejoindre, ralliées aux deux divisionsdu général Buxlioewden qui étaient à Golymin et à Makow, restaientsur l’autre rive de la Narew , dont les ponts venaient d’être emportéspar les glaces. Les deux portions de l’armée russe, réduites ainsi à l’im-possibilité de communiquer entre elles, remontaient les rives de laNarew , faciles à détruire isolément, si on avait pu être informé de leur