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EYLAU.

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d’abord au nord-ouest, la Vistule jusqu’aux environs de Tiiom, l'Oder jusqu’aux environs de Gustrin, et qu’ils se redressent ensuite brusque-ment, pour couler au nord-est, tonnant ainsi un coude marqué, la Vis-tule vers Tliorn, l’Oder vers Gustrin. Il résulte de cette direction, sur-tout en ce qui concerne la Vistule , que le corps russe qui passait cefleuve entre Graudenz et Tliorn se trouvait beaucoup plus près dePosen, base de nos opérations eu Pologne , que l'armée françaisecampée à Varsovie . La différence était presque de moitié. G'était donceu soi un projet bien conçu, que de franchir la Vistule entre Thornet Marienbourg , sauf la bonne exécution, de laquelle dépend toujoursle sort des plans les meilleurs, Nous avons effectivement déjà démontréplus d’une fois que sans la précision dans les calculs de distance et detemps, sans la promptitude dans les marches, la vigueur dans les ren-contres, la fermeté à poursuivre une pensée jusqu a sou entier accom-plissement , toute manœuvre hardie devient aussi iuuesle qu elleaurait pu être heureuse. Et ici, en particulier, si on échouait, ou étaitdébordé par Napoléon, séparé de Kœnigsberg , acculé à la mer, etexposé à un vrai désastre, car, pour répeler une autre vérité déjàexprimée ailleurs, on court, dans toute grande combinaison, autantde péril qu’on en l’ail courir à son adversaire.

Les deux généraux russes étaient à peine d accord sur le plan àsuivre , qu’une résolution prise à Saint-Pétersbourg , en conséquencedes faux récits du générai Bemiingsen, lui conférait l’orure de Saint-George, le nommait général en chef, le débarrassait de la suprématiemilitaire du vieux Kamenski, et de la rivalité du général Buxhoewden.Ces deux derniers étaient par ia meme résolution rappelés del’armée.

Le général Benningsen, reste seul à la tète des troupes russes, per-sista naturellement dans un plan qui était le sien, et se hâta de lemettre à exécution. Il remonta ia Narew jusqu’à Tykoczyn, passa leBober près de Goniondz, à l’endroit même où Charles Xil l’avait franchiun siècle auparavant, et vint traverser ia ligne des lacs , près du lacSpirdmg, par Àrys, Kheiu, Basteuburg et Bischoü’slein. Le nom deslieux indique qu’il avait atteint le pays allemand, c’esl-à-uire la Prusseorientale . Le janvier, un mois après les dernières actions de Putulsk,de Goiymin et de Soldau , il arrivait à Heilsberg sur i’Alie. Ce n’est pasainsi qu’il faut marcher pour surprendre un ennemi vigilant. Cepen-dant, caché par cet impénétrable rideau de forets et de lacs qui sépa-