Band 
[7. - 8.]
Seite
245
JPEG-Download
 

EÏLAU.

245

pour combattre. C’est la résolution que prit le général Benningsen le 7 au soir. Il fit halte au delà d'Eylau , résolu à soutenir une lutteacharnée. Son année, qui s’élevait à 78,000 ou 80,000 hommes , età 90,000 avec les Prussiens, lors de la reprise des hostilités, avait faitdes pertes assez notables dans les derniers combats, mais fort peu dansles marches, car une armée qui se retire sans être en déroule , estralliée par l’ennemi qui la poursuit, tandis que l’armée poursuivante,n’ayant pas les mêmes motifs de se serrer, laisse toujours une partie deson effectif en arrière. En défalquant les pertes essuyées à Mohrungen,à Bergfried, à Waltersdorf, à Iloff, à Heilsberg, à Eylau même 1 , on peutdire que l’armée du général Benningsen était réduite à 80,000 hommesenviron, dont 72,000 Russes et 8,000 Prussiens. Ainsi, en attendantl’arrivée du général Lestocq et du maréchal Ney , 72,000 Russesallaient combattre 54,000 Français. Les Russes avaient de plus uneartillerie formidable, évaluée à 400 ou 500 bouches à feu. La nôtremontait tout au plus à 200, la garde comprise. Il est vrai quelle étaitsupérieure à toutes les artilleries de l’Europe , même à celle desAutrichiens. Le général Benningsen se décida donc à attaquer dès lapointe du jour. Le caractère de ses soldats était énergique , commecelui des soldats français , mais conduit par d’autres mobiles. Il n’yavait chez les Russes ni cette confiance dans le succès, ni cet amourde la gloire, qui se voyait chez les Français, mais un certain fanatismed’obéissance qui les portait à braver aveuglément la mort. Quant à ladose d’intelligence chez les uns et les autres , il n’est pas nécessaired’en faire remarquer la différence.

Depuis qu’on avait débouché sur Eylau, le pays se montrait uni etdécouvert. La petite ville d’Eylau, située sur une légère éminence, etsurmontée d’une flèche gothique, était le seul point saillant du terrain.A droite de l’église , le sol, s’abaissant quelque peu , présentait uncimetière. En face, il se relevait sensiblement, et sur ce relèvementmarqué de quelques mamelons, on apercevait les Russes en masse pro-

1 Les Russes avaient perdu 1,800hommesà Mohrungen.

1 : 000 —

à Bergfried.

3,000 —

à Waltersdorf.

2,000 —

à Hotf.

1,000 —

à Heilsberg.

800 —

à Eylau.

. 9,000

VII. U