EYLAO.
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faire déboucher le reste de l’armée, se tenait un peu en arrière lecorps d’Augereau, rangé sur deux lignes, et formé des divisionsDesjardins et Heudelel. Augcreau, tourmenté de la fièvre, les yeuxrouges et enflés, mais oubliant scs souffrances au bruit du canon, étaitmonté à cheval pour se mettre à la tète de ses troupes. Plus enarrière de ce même débouché, venaient l'infanterie et la cavalerie dela garde impériale, les divisions de dragons et de cuirassiers, prêtesles unes et les autres à se présenter à l’ennemi par la même issue, eten attendant un peu abritées du canon par l’enfoncement du terrain.Enlin à l’extrême droite de ce champ de bataille, au delà et en avantde Rothcnen, au hameau de Serpallen, devait entrer en action le corpsdu maréchal Davoust, de manière à donner clans le flanc des Russes .
Napoléon était donc sur un ordre mince, et sa ligne, ayant l’avan-tage d’ètrc couverte à gauche par les bâtiments d'Eylau, à droite parceux de Rolheuen, le combat d’artillerie par lequel il voulait démolirl’espèce de muraille que lui opposaient les Russes , était beaucoupmoins redoutable pour lui que pour eux. Il avait fait sortir des corpset mettre eu bataille toutes les bouches à l'eu de l’armée. 11 y avaitjoint les quarante pièces de la garde, et il allait ainsi riposter à laformidable artillerie des Russes par une artillerie très-inférieure ennombre, mais très-supérieure en habileté.
Les Russes avaient commencé le feu. Les Français leur avaientrépondu presque aussitôt par une violente canonnade, exécutée à demi-portée de canon. La terre tremblait sous cette détonation épouvan-table. Les artilleurs français , non-seulement plus adroits, mais tirantsur une masse vivante, qui leur servait de but, y exerçaient d’horriblesravages. Nos boulets emportaient des files entières. Les boulets desRusses , au contraire, lancés avec moins de justesse, et frappant sui-des bâtiments, ne nous causaient pas un dommage égal à celui quel'ennemi éprouvait. Bientôt le feu prit à la ville d’Eylau et au villagede Rothcnen. Les lueurs de l’incendie vinrent joindre leur horreur àl’horreur du carnage. Quoiqu’il tombât beaucoup moins de Français que de Russes , il en tombait beaucoup encore, surtout dans les rangsde la garde impériale, immobile dans le cimetière. Les projectiles,passant par-dessus la tète de Napoléon, et quelquefois bien près delui, perçaient les murs de l’église, ou brisaient les branches des arbresau pied desquels il s’était placé pour diriger la bataille.
Cette canonnade durait depuis longtemps, et les deux armées te