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LIVRE XXVI,
supportaient avec une tranquillité héroïque, ne faisant aucun mouve-ment, et se bornant à serrer les rangs à mesure que le canon y pro-duisait des vides. Les Russes parurent les premiers éprouver une sorted’impatience '. Désirant accélérer le résultat par la prise d’Eylau, ilss’ébranlèrent, pour enlever la position du moulin, située à la gauchede la ville. Une partie de leur droite se forma en colonne, et vintnous attaquer. La division Levai, composée des brigades Ferey etYiviès, la repoussa vaillamment, et par sa contenance ne permit pasaux Russes d’espérer un succès s’ils renouvelaient leurs efforts.
Quant à Napoléon, il ne tentait rien de décisif, ne voulant pascompromettre, en le portant en avant, le corps du maréchal Soult,qui faisait bien assez de tenir Eylau sous une affreuse canonnade, nevoulant pas non plus hasarder ni la division Saint-IIilaire, ni le corpsd’Augereau, contre le centre de l’ennemi, car c’eût été les exposer à sebriser contre un rocher brûlant. Il attendait pour agir que le maréchalDavoust, dont le corps arrivait sur la droite, se fit sentir dans le flancdes Russes .
Ce lieutenant , exact autant qu’intrépide, était parvenu en effet auvillage de Serpallen. La division Friant marchait en tête. Elle débou-cha la première, rencontra les cosaques, quelle eut bientôt ramenés,et occupa le village de Serpallen, par quelques compagnies d’infanterielégère. A peine était-elle établie dans le village et dans les terrains àdroite, que l’une des masses de cavalerie qui étaient placées sur lesailes de l'armée russe, se détacha pour venir à elle. Le général Friant,usant avec intelligence et sang-froid des avantages que lui offrait lehasard des lieux, rangea les trois régiments dont se composait alors sadivision derrière les longues et solides barrières en bois employées àparquer les troupeaux. Abrité derrière ce retranchement naturel, ilfusilla à bout portant les escadrons russes , et les força de se retirer.Ils se replièrent., mais ils revinrent bientôt, accompagnés d’une colonnede 9,000 à 10,000 hommes d’infanterie. C’était l’une des deux co-lonnes serrées qui servaient d’arcs-houtants à la ligne de bataille desRusses , et qui se portail maintenant à la gauche de celte ligne pourreprendre Serpallen. Le général Friant n’avait pas plus de 3,000 hommesà lui opposer. Toujours abrité derrière les barrières en bois dont ils’était couvert, et maître de se déployer sans craindre d’être chargé par
Expression de Napoléon, dans le récit qu’il donna lui-même de la bataille.