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flanc gauche n’est pas reconquis. Le corps du maréchal Davoust resteferme dans cette position de Klein-Sausgarien, d'où il menace les der-rières de l'ennemi.
Les deux années étaient épuisées. Ce jour si sombre devenait àchaque instant plus sombre encore, et allait se terminer en une affreusenuit. Le carnage était horrible. Près de 50,000 Russes , atteints parles projectiles ou le sabre des Français , jonchaient la terre, les unsmorts, les autres blessés plus ou moins gravement. Beaucoup de leurssoldats commençaient à s’en aller à la débandade *. Le général Ben-ningsen, entouré de ses lieutenants, délibérait s’il fallait reprendrel’offensive, et tenter un nouvel effort. Mais, d’une armée de 80,000hommes, il ne lui en restait pas 40,000 en état de combattre , lesPrussiens compris. S’il avait succombé dans cet engagement désespéré,il n’aurait pas eu de quoi couvrir la retraite. Néanmoins il hésitaitencore, lorsqu’on vint lui annoncer un dernier et grave incident. Lemaréchal Ney, qui avait suivi de près les Prussiens, arrivant le soirsur notre gauche comme le maréchal Davoust était arrivé le matin surnotre droite, débouchait enfin vers Althof.
Ainsi les combinaisons de Napoléon, retardées par le temps, n’enavaient pas moins amené sur les deux flancs de l’armée russe les forcesqui devaient décider la victoire. L’ordre de retraite ne pouvait plus dèslors être différé, car le maréchal Davoust, s’étant maintenu à Klein-Sausgarten, n’avait pas beaucoup à faire pour rencontrer le maréchalNey, qui s’était avancé jusqu’à Schmoditten , et la jonction de ces deuxmaréchaux aurait exposé les Russes a etre enveloppés. L ordre de seretirer fut donné à l’instant même par le général Benningsen. Tou-tefois pour assurer la retraite il voulut contenir le maréchal Ney, etessayer de lui enlever le village de Schmoditten. Les Russes marchè-rent sur ce village, à la faveur de la nuit, et en grand silence, poursurprendre les troupes du maréchal Ney, arrivées tard sur ce champde bataille où l’on avait de la peine à se reconnaître. Mais celles-ciétaient sur leurs gardes. Le général Marchand, avec le 6“ léger et le5!f e de ligue, laissant approcher les Russes , puis les accueillant par unfeu à bout portant, les arrêta net. Il courut ensuite sur eux à la baïon-nette, et les lit renoncer à toute attaque sérieuse. Dès ce moment ils semirent définitivement en retraite.
1 C'est ia propre assertion du narrateur Plotho.