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LITRE XXYI,
s’explique par la position de nos troupes rangées en ordre mince, parl’habileté de nos artilleurs et de nos soldats. Ainsi dans cette journéefatale, près de 40,000 hommes des deux côtés avaient été atteints parle feu et le fer. C’est la population d’une grande ville détruite en unjour! Triste conséquence des passions des peuples! passions terribles,,qu’il faut s’appliquer à bien diriger, mais non pas chercher à éteindre !
Napoléon , dès le 0 au matin, avait porté ses dragons et sescuirassiers en avant, atiu de courir après les Russes , de les jeter surKœuigsberg, et de les refouler pour tout l’hiver au delà de la Prégel.Le maréchal Ney, qui n’avait pas eu beaucoup à faire dans la journéed’iiylau, fut chargé de soutenir Murat. Les maréchaux Davoust et
livré, aliii d'y réussir, à un travail attentif, et voici la vérité, autant du moins qu'ilest possible de l'obtenir en pareille matière. L'inspecteur des hôpitaux constataissoir même, à Eylau, l’existence de 4,300 blessés, et le lendemain, après avoir fait Istour des villages environnants, il en porta le nombre total à 7,094. Son rapport aété conservé. Les rapports des divers corps présentent, au contraire , un chiffrebeaucoup pius considérable, et qui ferait monter à 13,000 ou 14,000 le nombre deshommes atteints plus ou moins gravement. Cette différence s'explique par la ma-nière dont les auteurs de ces rapports entendent le mot de blessés. Les chefs decorps comptent jusqu'aux moindres contusions, chacun d’eux naturellementcherchant à faire valoir les souffrances de ses soldats, .liais la moitié des hommesdésignés comme blessés ne songeaient pas même à se taire soigner, et la preuve enest dans le rapport du directeur des hôpitaux. Du reste, un mois apres, une con-troverse fort curieuse s’établit par lettres entre Napoléon et AI. Daru. Ai. Daru netrouvait pas pius de 0,000 blessés dans les hôpitaux de ia Vistule . Cela paraissaitcontestable à Napoléon , qui croyait en avoir davantage, surtout en comprenant dansce nombre les blessés de la bataille d'Eylau, et ceux des combats qui l’avaientprécédée, depuis la levée des cautouiiements. Cependant, apres unir examen, onn'eu trouva jamais plus de 0,000 et quelques cents, et moins de 0,000 pour Eylaumême, ce qui, en tenant compte des morts survenues, s accorde parfaitement avecle chifl're de 7,094 fourni par la directeur des hôpitaux. Nous croyons donc êtredans le vrai eu portant a ô.UUO morts et ? ,000 blessés les pertes de la nataille d'Eyiau.Napoléon , eu parlant dans son bulletin de ü.000 morts et de o,ÜOÜ à 0,000 blessés,avait, comme ou le voit, peu altéré la venté, en comparaison de ce qu'avait l'ait lesRusses . Ou peut même dire que le soir de la bataille il était fondé à n’en pas sup-poser davantage.
Quant aux pertes des Russes , j’ai adopté leurs propres chiffres, et ceux qui furentconstatés par les Erançais. Nous trouvâmes 7,000 cadavres, et dans les lieux envi-ronnants 5,OUI blessés, ils durent en emmener un beaucoup plus grand nombre.L'Âlhmand Dotb dit qu ils ramenèrent 14,900 blessés à Kœuigsberg, lesquelsmoururent presque tous de froid 11 admet, d’ailleurs, qu'ils eurent 7,000 morts, etlaissèrent b,000 blessés sur le champ de bataille. Ajuulez 3,000 a 4,000 prisonniers,et ou arrive à une perte totale de 50.000 hommes, qui ne peut guère être contestée.Le général Benningsen, toujours si peu exact, avoua lui-même dans son récit uneperte de ÜÜ.000 hommes.