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EYLÀÜi

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Soult devaient suivre à peu de distance. Napoléon resta de sa personneà Eylau pour panser les plaies de sa brave armée, pour la nourrir etmettre tout en ordre sur ses derrières. Gela importait plus qu’unepoursuite, que ses lieutenants étaient très-capables d’exécuter eux-mèmes.

En marchant on acquit plus complètement encore la conviction dudésastre essuyé par les Russes . A mesure qu’on avançait, on trouvaitles villages et les bourgs de la Prusse orientale remplis de blessés ; onapprenait le désordre, la contusion, le triste état eniiu de l’armée fugi-tive. Néanmoins les Russes , en comparant cette bataille à celle d’Au-sterlitz, étaient tiers de la ditlérence. Ils convenaient de leur délaite,mais ils se dédommageaient de cet aveu en ajoutant que la victoireavait coûté cher aux Français .

Ou ne s arrêta que sur les bords de la Frisohiug, petite rivière quicoule de la ligue des lacsà la mer, et Mural poussa ses escadrons jusqu’àKœnigsberg. Les Russes , réfugies en toute liate, les uns au delà de laPrégel, les autres à Kœuigsberg meme, faisaient mine de vouloir s’ydéfendre, et avaient braque sur les murs une uomnreuse artillerie. Leshabitants épouvantés se demandaient s'ils allaient éprouver le sort deLubeck. Heureusement pour eux Napoléon voulait mettre un terme àses opérations olfeusives. 11 avait envoyé les cavaliers de Mural jus-qu’aux portes de Kumigsberg, mais il ne se proposait pas d’y conduireson armée elle-même. 11 n’aurait pas laiiu moins que cette armée toutentière pour tenter, avec espoir ne succès, une attaque de vive forcesur une grande ville pourvue de quelques ouvrages, et défendue partout ce qui restait de troupes russes et prussiennes. Une attaque, mêmeheureuse, sur celle nclie cité , ne valait pas les chances qu on auraitcourues, si la tentative eut échoué. r\apoleon, a^aut pousse ses corpsjusqu aux bords de la Frischmg, tint a les y laisser quelques jours,pour bien constater sa victoire, et puis songea a se retirer pour prendreses cantonnements. Sans doute il n’avait pas obtenu 1 immense résultatdont il s était d’abord flatté, et qui ne lui aurait certainement pointéchappé, si une depeche iuterceptee n’avait révélé ses desseins auxRusses ; mais il les avait meues battant pendant cinquante lieues, leuravait détruit 9,UUÜ hommes dans une suite de combats d arriere-garde,et les trouvant à Eylau formés eu une masse compacte, couverts d’artil-lerie, resoiusjusqu au désespoir, forts avec les Prussiens de 80,UUU sol-dats, sur une plaine où aucune manœuvre n’était possible, il les avait