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LIVRE XXVI

confier la garde de cette capitale au cinquième corps, aux Polonais,aux Bavarois (la soumission des places de la Silésie rendait ces derniersdisponibles), et de s’établir avec la plfts grande partie de ses troupes,en avant de la basse Vistule , derrière la Passarge , ayant Thorn à sadroite, Elbing à sa gauche, Dantzig sur ses derrières, son centre àOsterode, ses avant-postes entre la Passarge et l’Aile. Dans cette posi-tion il couvrait lui-mème le siège de Dantzig, sans avoir besoin dedétacher pour cet objet aucune partie de ses forces. Si en effet lesRusses , voulant secourir Dantzig, venaient chercher une bataille, ilpouvait leur opposer tous ses corps réunis, celui de Bernadolle compris,et même une partie des troupes de Lefebvre, que rien ne l’empêchaitd’attirer à lui dans un cas pressant, ainsi qu’il l’avait fait en 171)6,lorsqu’il leva le siège de Mantoue pour courir aux Autrichiens. 11 nelui manquait, un jour de bataille , que le cinquième corps , qui, dequelque manière qu’on opérât, était indispensable sur la Narew , alinde défendre Varsovie . Cette nouvelle position, d’ailleurs, donnait lieuà des combinaisons savantes, fécondes eu grands résultats, ignorées del’ennemi, tandis que celles qui auraient eu Varsovie pour base luiétaient toutes connues. Cantonné derrière la Passarge, Napoléon setrouvait à quinze lieues seulement de Kœnigsberg . Supposez que lesRusses, attirés par l’isolement apparent dans lequel on laissait Varsovie ,s’avançassent sur cette capitale, ou courait derrière eux à Keenigsberg,on s’emparait de cette ville, et puis se rabattant par un mouvement àdroite sur leurs derrières, ou les jetait sur la Narew et la Vistule , dansles marécages de l’intérieur, avec autant de certitude de les détruire,que dans le cas du mouvement vers la mer. Si, au contraire, ils atta-quaient de front les cantonnements sur la Passarge, on avait, commenous venons de le dire, outre la force naturelle de ces cantonnements,la masse entière de l’armée a leur opposer. La position était doncexcellente pour le siège de Dantzig, excellente pour les opérationsfutures, car elle faisait naître des combinaisons nouvelles, dont le secretn’était pas dévoilé.

C’est assurément un spectacle imposant et instructif que celui de cegénéral impétueux, qui n’était propre, au dire de ses détracteurs, qu’àla guerre offensive, porté d’un seul bond du Rhin à la Vistule , s’arrê-tant tout à coup devant les difficultés des lieux et des saisons, s’enfer-mant dans un espace étroit, y faisant la guerre froide, lente, métho-dique, y disputant pied à pied de petites rivières, après avoir franchi