EYIAU.
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les plus gros fleuves sans s’arrêter , se réduisant enfin à couvrirun siège, et placé à une aussi vaste distance de son empire, en présencede l’Europe qu’étonnait cette nonvelle manière de procéder, que ledoute commençait à gagner, conservant une fermeté inébranlable,n’étant pas même séduit par le désir de frapper un coup d’éclat, etsachant ajourner ce coup au moment où la nature des choses le ren-drait sur et possible : c est, disons-nous, un spectacle digne d’intérêt,de surprise , d’admiration ; c’est une précieuse occasion d’étude et deréflexions pour quiconque est sensible aux combinaisons des grandshommes, et se plaît à les méditer !
Napoléon vint donc se placer entre la Passarge et la basse Vistule ,le corps du maréchal Beruadotle à gauche sur la Passarge, entreBraunsberg et. Spanden ; le corps du maréchal Soult au centre, entreLiebsladt et Mohrungen ; le corps du maréchal Davoust à droite, entreAllenslein et liohensteiu, au point où l’Aile et la Passarge sont le plusrapprochées; le corps du maréchal Ney en avant-garde, entre la Pas-sarge et l’Aile, à Guttstadt ; le quartier général et la garde à Osterode ,dans une position centrale, où Napoléon pouvait réunir toutes ses forcesen quelques heures. 11 attira le général Oudinol à Osterode , avec lesgrenadiers et voltigeurs, formant une réserve d’infanterie de (i,UÜ0 à7,000 hommes. Il répandit la cavalerie sur ses derrières, entre Oste-rode et la Vistule , depuis Thorn jusqu’à Eibing, pays qui abondait entoute sorte de fourrages.
Dans l'énumération des corps cantonnés derrière la Passarge, nousn’avons pas désigné celui d’Augereau. Napoléon en avait prononcé ladissolution. Augereau venait de quitter l’année, déconcerté de ce quilui était arrivé dans la journée d’Eylau, imputant mal à propos sonéchec à la jalousie de ses camarades, qui, selon lui, n’avaient pasvoulu le soutenir, se disant fatigué, malade, usé! L’empereur le ren-voya en France , avec des témoignages de satisfaction, qui étaient denature à le consoler. Mais craignant que dans le septième corps, àmoitié détruit, il ne restât quelque chose du découragement manifestépar le chef, il en prononça la dissolution, après y avoir prodigué lesrécompenses. Il en répartit les régiments entre les maréchaux Davoust,Soult et Ney . Des 12,000 hommes dont se composait le septièmecorps, il y en avait eu 7,000 présents à Eylau, et sur ces 7,000, deuxtiers mis hors de combat. Les survivants , joints à ceux qui étaientdemeurés en arrière, devaient fournir 7,000 à 8,000 hommes de ren-fort aux divers corps de l’armée.