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LIVRE XXVI.
Napoléon plaça le cinquième corps sur l’Omulew, à quelque distancede Varsovie . Launes étant toujours malade, il avait mandé, avec regretd’en priver l’Italie , mais avec une grande satisfaction de le posséder enPologne , le premier de ses généraux, Masséna, qui n’avait pas pu s’en-tendre avec Joseph à Naples . Il lui donna le commandement du cin-quième corps. Les sièges de la Silésie avançant, grâce à l’énergie età la fertilité d’esprit du général Vandamme, Schweidnitz ayant étépris, Neisse et Glatz restant seuls à prendre, Napoléon en profita pouramener sur la Yistulc la division bavaroise Deroy, forte de G,000 à7,000 hommes d’assez bonnes troupes, laquelle fut cantonnée à Pul-tusk, entre la position du cinquième corps sur l’Omulew et Varsovie .Les bataillons polonais de Kalisch et de Posen avaient été envoyés àDantzig. Napoléon rassembla ceux de Varsovie , organisés par le princePoniatowski, à Neidcnbourg, de manière à maintenir la communi-cation entre le quartier général et les troupes campées sur 10-mulew. Us étaient là sous les ordres du général Zayouscheck. Ildemanda en outre que l’on organisât un corps de cavalerie de 1,000à 2,000 Polonais, afin de courir après les cosaques. Ces diversestroupes polonaises, destinées à lier la position de la grande armée surla Passargc avec celle de Masséna sur la Narew , n’étaient pas capablesassurément d’arrêter une armée russe qui aurait pris l’offensive, maiselles suffisaient pour empêcher les cosaques de pénétrer entre Osterodeet Varsovie , et pour exercer dans ce vaste espace une active surveil-lance. Concentré ainsi derrière la Passarge, et en avant de la basseVistule, couvrant dans une position inattaquable le siège de Dantzig ,qui allait enfin commencer, pouvant, par une menace sur Kumigsberg,arrêter tout mouvement offensif sur Varsovie , Napoléon était dans unesituation à ne rien craindre. Rejoint par les retardataires laissés enarrière, et par le corps de Bernadotte , renforcé par les grenadiers etvoltigeurs d’Oudinot, il pouvait en quarante-huit heures réunir80,000 hommes sur l’un des points de la Passarge. Cette situation étaitfort imposante, surtout si on la compare à celle des Russes , qui n’au-raient. pas pu mettre 30,000 hommes en ligne. Mais c’est une remarquedigue d’être répétée, quoique déjà faite par nous, qu’une armée deplus de 500,000 hommes, répandue depuis le Rhin jusqu’à la Vistule ,administrée avec une habileté qu’aucun capitaine n’a jamais égalée, fûtdans l’impossibilité de fournir plus de 80,000 combattants sur lemême champ de bataille. Il y avait 80,000 à 90,000 hommes capables