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LIVRE XXVI.
employa, pour le réprimer, la police des autorités polonaises, puis lagendarmerie d’élite attachée à sa garde, comme la seule troupe quifût assez respectée pour se faire obéir. Jamais néanmoins on ne putcomplètement détruire sur la ligne d’opération cette lèpre attachéeaux grandes armées. Et pourtant l’armée dont il s’agissait ici étaitcelle du camp de Boulogne, la plus solide, la plus disciplinée, la plusbrave qui fut jamais ! Dans la campagne d’Austerlitz, les maraudeurss’étaient à peine fait voir. Mais la rapidité des mouvements, la dis-tance, le climat, la saison, le carnage enfin, relâchant les liens de ladiscipline, cette vermine, triste effet de la misère dans un grand corps,commançaità pulluler. Napoléon y pourvut cette fois par une immenseprévoyanee, et par les victoires qu’il remporta bientôt. Mais desdéfaites peuvent en quelques jours faire dégénérer un pareil mal endissolution des armées. Ainsi dans les succès même de cette belle etterrible campagne de 1807, apparaissent plusieurs des symptômesd’une campagne, à jamais fatale et mémorable, celle de 1812.
Le retour dans les cantonnements fut signalé par quelques mouve-ments de la part des Russes . Leurs rangs étaient singulièrementéclaircis. Il ne leur restait pas 50,000 hommes capables d’agir. Cepen-dant le général Benningsen, tout enorgueilli de n’avoir pas perdu àEylau jusqu’au dernier homme, et, suivant son usage, se disant vain-queur, voulut donner à ses vanteries une apparence de vérité. Ilquitta donc Kœnigsberg , dès qu’il apprit que l’armée française se reti-rait sur la Passarge. Il vint montrer de fortes colonnes le long decette rivière, surtout dans son cours supérieur, vers Guttstadt, en facede la position du maréchal Ney. Il s’adressait mal, car cet intrépidemaréchal, privé de l’honneur de combattre à Eylau, et impatient des’en dédommager, reçut vigoureusement les corps qui se présentèrentà lui, et leur fit essuyer une perte notable. Dans le même moment, lecorps du maréchal Bernadotte , cherchant à s’établir sur la basse Pas-sarge, et obligé pour cela d’occuper Braunsberg , s’empara de cetteville, où il fil prisonniers 2,000 Prussiens. Ce fut la division Dupontqui eut le mérite de cette brillante expédition. Les Russes , ayant néan-moins continué de s’agiter, et paraissant vouloir se porter sur la hautePassarge, Napoléon, dans les premiers jours de mars, prit le parti defaire sur la basse Passarge une démonstration offensive, de façon àinquiéter le général Benningsen pour la sûreté de Kumigsberg. C’està regret que Napoléon se décidait à un tel mouvement, car c’était