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IYLAU.

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révéler aux Russes le danger qa’ils couraient en s’élevant sur notredroite pour menacer Varsovie . Sachant bien qu’une manœuvre démas-quée est une ressource perdue, Napoléon n aurait pas voulu agir dutout, ou agir d’une manière décisive, en marchant sur Kœnigsberg avec toutes ses forces. Mais, d’une part, il fallait obliger l’ennemi à setenir tranquille, afin de l’être soémèine dans ses quartiers d’hiver; del’autre, on n’avait ni en vivres ni en munitions de quoi tenter uneopération de quelque durée. Napoléon se résigna donc à une simpledémonstration sur la basse Passarge, exécutée le ô mars par les corpsdes maréchaux Soult et Bernadotte , qui passèrent cette rivière pen-dant que le maréchal Ney à Guttstadt poussait rudement le corpsennemi dirigé sur la haute Passarge. Les Russes perdirent dans cesmouvements simultanées environ 2,000 hommes, et, en voyant leurligne de retraite sur Kœnigsberg compromise, se hâtèrent de se retirer,et de se rendre la tranquillité à nos cantonnements.

Tels furent les derniers actes de cette campagne d’hiver. Le froid ,longtemps retardé, commençait à se faire sentir; le thermomètreétait descendu à huit et dix degrés au-dessous de la glace. On allaîlavoir en mars le lemps auquel on aurait dû s’attendre en décembreet en janvier.

Napoléon , qui ne s’était décidé que malgré lui à ordonner les der-nières opérations, écrivit au maréchal Soult : » C’est bien un des in-" convénients que j’avais sentis des mouvements actuels, que d’é-» clairer les Russes sur leur position. Mais ils me pressaient trop sur» ma droite. Résolu à laisser passer le mauvais temps, et à organiser» les subsistances, je ne suis point autrement fâché de cette leçon” donnée à l’ennemi. Avec l'esprit de présomption dont je le vois“ animé, je crois qu’il ne faut que de la patience pour lui voir faire« de grandes fautes. (Osterode, 6 mars.)

Si Napoléon avait eu alors assez de vivres et de moyens de trans-port pour traîner après lui de quoi nourrir l’armée pendant quelquesjours, il eut immédiatement terminé la guerre, ayant affaire à unennemi assez mal avisé pour venir se jeter sur la droite de ses quar-tiers. Aussi toute la question consistait-elle à ses yeux dans un appro-visionnement qui lui permit de refaire ses soldats épuisés par les pri-vations et de les réunir quelques jours, sans être exposé à les voirmourir de faim, ou à laisser une moitié d’entre eux eu arrière, commeil lui était arrivé à Eylau. Les villes du littoral, notamment celle