268
LIVRE XXVI.
d’Elbing , pouvaient lui fournir des vivres pour les premiers momentsde son établissement, mais de telles ressources ne lui suffisaient pas.Il voulait donc en amener de grandes quantités, qui descendraient deVarsovie par la Vistule, ou viendraient de Bromberg par le canal deNackel, et puis seraient par terre transportées de la Vistule aux diverscantonnements de l’armée sur la Passarge. Il donna les ordres les plusprécis à cet égard, pour amasser d’abord à Bromberg et à Varsovie lesapprovisionnements nécessaires, pour créer ensuite les moyens detransport qui devaient servir à terminer le trajet de la Vistule auxbords de la Passarge. Son intention était de commencer par fournirchaque jour la ration entière à scs soldais, et puis de former à Oste-rode, centre de ses quartiers, un magasin général, qui renfermâtquelques millions de rations, en pain, riz, vins, eaux-de-vie. Il voulututiliser à cet effet le zèle des Polonais , qui jusqu’ici lui avaient rendupeu de services militaires, et dont il désirait tirer au moins quelquesservices administratifs. Gomme il avait M. de Talleyrand à Varsovie ,il le chargea de s’entendre avec le gouvernement provisoire qui diri-geait les affaires de la Pologne . Il lui écrivit doue la lettre suivante,en lui envoyant ses pleins pouvoirs pour conclure des marchés àquelque prix que ce fût.
Osterode, 12 mars, 10 heures du soir.
« Je reçois votre lettre du 10 mars à 5 heures après midi. J’ai» 500,000 rations de biscuit à Varsovie . Il faut huit jours pour venir» de Varsovie à Osterode 5 faites des miracles, mais qu’on m’en ex-» pédic par jour 50,000 rations. Tâchez aussi de me faire expédier» par jour 2,000 pintes d’eau-dc-vie. Aujourd’hui le sort de l’Europe » et les plus grands calculs dépendent des subsistances. Battre les» Russes , si j’ai du pain , est un enfantillage. J’ai des millions, je ne» me refuse pas d’en donner. Tout ce que vous ferez sera bien fait,» mais il faut qu’au reçu de celte lettre on m’expédie, par terre et» par Mlavva cl Zakrocziu, 50,000 rations de biscuit et 2,000 pintes.» C’est l’affaire de 80 voilures par jour en les payant au poids de l’or.» Si le patriotisme des Polonais ne peut pas faire cet effort, ils ne sont» pas bons à grand’chose. L’importance de ce dont je vous charge là» est plus considérable que toutes les négociations du monde. Faites>1 appeler l’ordonnateur, le gouverneur, le général Lemarrois, les» hommes les plus influents du gouvernement. Donnez de l'argent j