EYLAÜ.
269
s j’approuve tout ce que vous ferez. Du biscuit et de l’eau-de-vie,» c’est tout ce qu’il nous faut. Ces 500,000 rations de biscuit et ces» 18,000 ou 20,000 pintes d’eau-de-vie qui peuvent nous arriver» dans quelques jours, voilà ce qui déjouera les combinaisons de» toutes les puissances. »
M. de Talleyrand assembla les membres du gouvernement polonais,pour tâcher d’en obtenir les vivres et les charrois dont on avait besoin.Les denrées ne manquaient pas en Pologne , car avec de l’argentcomptant fourni aux juifs, on était sûr d’en trouver. Mais les moyensde transport étaient fort difficiles à organiser. On voulut d’abord s’enprocurer dans le pays même, en payant des prix considérables ; puison finit par acheter des charrettes et des chevaux, et on parvint ainsià établir des relais aboutissant des bords de la Vistule à ceux de laPassarge. Les vivres circulaient en bateaux sur la Vistule ; débarquésensuite à Varsovie, à Plock, à Thorn, à Marienwerder , ils étaienttransportés à Osterode, centre des cantonnements, ou sur les caissonsdes régiments, ou sur les voitures du pays, ou sur celles qu’on avaitsoi-même achetées et pourvues de chevaux. On rechercha, en lespayant, des bœufs dans toute la Silésie , et on les fit venir sur pied àVarsovie . On tâcha de recueillir des vins et des spiritueux sur le lit-toral du nord, où le commerce les apporte en quantité considérableet en qualité supérieure. On en avait à Berlin, à Stettin, à Elbing ;on les achemina par eau jusqu’à Thorn. Napoléon eût attaché beaucoupde prix à se procurer 200,000 bouteilles de vin, pour réjouir le cœurde ses soldats. Il avait près de lui une précieuse ressource en ce genre,mais elle était renfermée dans la place de Dantzig, où se trouvaientplusieurs millions de bouteilles d’excellents vins, c’est-à-dire de quoien fournir à l’armée pendant quelques mois. Ce n’était pas un médiocrestimulant pour prendre cette forteresse.
Ces soins si actifs, consacrés à l’approvisonnement de l’armée; nepouvaient pas produire un effet immédiat ; mais , dans l’intervalle,on vivait sur la Nogath, sur Elbing , sur les districts mêmes qu’on oc-cupait, et l’industrie de nos soldats suppléant à ce qui manquait, onétait parvenu à se procurer le nécessaire. Beaucoup de vivres cachésavaient été découverts, et avaient permis d’attendre les arrivages ré-guliers de la Vistule . On était logé dans les villages, et on ne bivaquaitplus, ce qui était un grand soulagement pour des troupes qui venaientde bivaquer pendant cinq mois de suite, depuis octobre jusqu’àVII. 12