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LIVBE XXVI.

février. Aux avant-postes, on vivait dans des baraques, dont ce paysde forêts fournissait en abondance les matériaux et le chauffage.Ouelques vins, quelques eaux-de-vie, trouvés à Elbing , et distribuésavec ordre, rendaient h nos soldats un peu de gaieté. Les premiersjours passés, ils avaient fini par être mieux que sur la Narew , car lepays était meilleur, et ils espéraient bien, au retour de la belle saison,se dédommager des peines présentes, et terminer en un jour debataille la terrible lutte dans laquelle ils étaient engagés.

Les régiments provisoires, destinés à amener les recrues, commen-çaient d’arriver sur la Vistule . Plusieurs d’entre eux, déjà rendus surle théâtre de la guerre, avaient été passés en revue, dissous, et répartisentre les régiments auxquels ils appartenaient. Les soldats voyaientainsi leurs rangs se remplir, entendaient parler de renforts nombreuxqui se préparaient sur les derrières de l’armée, et se confiaient davan-tage dans la vigilance suprême qui pourvoyait, à tous leurs besoins. Lacavalerie continuait d’être l’objet des soins les plus attentifs. Napoléonavait formé des détachements à pied de tous les cavaliers démontés, etil les avait envovés en Silésie , pour aller y chercher les chevaux dontcette province abondait..

Des travaux immenses s’exécutaient sur la Passarge et la Vistule ,afin d’assurer la position de l’armée. Tous les ponts sur la Passargeavaient été détruits, deux exceptés, l’un pour l’usage du corps du ma-réchal Bernadotte à Braunsberg . l’autre pour l’usage du corps du ma-réchal Sonlt à Spanden. De vastes têtes de pont étaient ajoutées àchacun des deux, afin de pouvoir déboucher au delà. Napoléon répé-tant sans cesse à ses lieutenants qu’une ligne n’était, facile à défendreque lorsqu’on était en mesure de la franchir à son tour, pour prendrel’offensive contre celui qui l’attaquait ’. Deux ponts sur la Vistule , l’unà Marienbourg, l’autre à Marienwerder , assuraient la communicationavec les troupes du maréchal Lefebvre, chargées du siège de Dantzig.On pouvait donc aller à elles, ou les amener à soi, et présenter partoutà l’ennemi une masse compacte. Le maréchal Lefebvre se rapprochait

' u Une rivière ni une ligne quelconque, écrivait-il à Bernadotte (6 mars, Oste-» rode), ne peuvent se défendre qu’en avant des points offensifs ; car. quand on n’a» fait que se défendre, on a couru des chances sans rien ohtenir. Mais, lorsqu’onn peut combiner la défense avec un mouvement offensif, on fait courir à 1 ennemid plus de chances qu’il n’en fait courir au corps attaqué. Faites donc travailler» jour et nuit aux têtes de pont de Spanden et de Braunsberg . a