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portionnée avec les moyens, ne manqua pas de combattre ce projet deréunions, précédées d’une course aux Antilles . Il pensait que fairedépendre le iravitaillement des colonies du succès de deux ou troisgrandes expéditions était chose imprudente ; car ces grandes expédi-tions de plusieurs vaisseaux et frégates, pour porter quelques centainesd’hommes au x colonies, couraient des dangers qui n’étaient pas enrapport avec l 'importance du but ; qu’il valait mieux expédier des fré-gates isolées, (chargées chacune d’une certaine quantité de matériel, dedeux ou trois cents hommes ; que, si on en perdait une, la perte était,peu considérable, que les autres arrivaient, et que les colonies étaientainsi toujours assurées de recevoir une portion des secours qu’on leurdestinait. Quant aux réunions dans la Méditerranée, il soutenait queles divisions chargées de franchir le détroit, malgré la croisière anglaisede Gibraltar , (avaient à braver d’immenses périls ; que, pour y échap-per, il fallait bes laisser libres de profiter du premier coup de ventfavorable; qu”on ne devait donc leur donner que la seule instructionde franchir le détroit, en leur permettant de saisir la première circon-stance heureuse, sans compliquer leur mission d'une course aux An-tilles et d’un iretour vers l’Europe . Enfin il pensait que c’était assezd’envoyer dams la Méditerranée la division de Gadix placée fort prèsdu but, et pemt-être celle de Rochefort, mais qu’il ne fallait pas sepriver de toutees les forces qu’on avait dans l’Océan, en faisant partiraussi pour Toiulon les divisions de Lorient et de Brest .
Napoléon, <qui laissait modifier scs idées par les hommes d’expé-rience quand ces hommes lui fournissaient de bonnes raisons, ac-cueillit les observations de M. Dccrès. En conséquence il décida quedes ports de Dunkerque, du Havre, de Cherbourg, de Nantes , deRochefort, de Bordeaux , où il y avait beaucoup de frégates, partiraientdes expéditioms isolées pour les colonies, que les divisions navaleschargées de se rendre dans la Méditerranée n’auraient que cette seulemission, et, quant au nombre, il voulut en appeler deux au moins àToulon, celle de Rochefort et celle de Cadix , lesquelles devaientformer avec la division de Toulon une réunion de dix-sept ou dix-huitvaisseaux, pluis sept ou huit frégates, force suffisante pour dominerdeux ou trois mois la Méditerranée, et y exécuter tout ce qu’il méditaitsur la Sardaigne, sur la Sicile et sur les îles Ioniennes. En conséquencel’amiral Allemand à Rochefort, l’amiral Rosily à Cadix , reçurentl’ordre de saisïr la première occasion propice pour lever l’ancre, et de