LIVRE XXV11I.
Si
Tandis qu’il s’occupait de ces mesures constitutionnelles et admi-nistratives, Napoléon donna également son attention aux finances. Iln’était aucuneparlie de l’administration dont il eût lieu d’élrc aussisatisfait que de celle-là, car l’abondance régnait au Trésor, et l’ordreachevait de s‘y rétablir. On a vu le budget, fixé d’abord à 500 mil-lions en 1802, s’élever bientôt, par la liquidation définitive de la dettepublique, par le développement apporté aux travaux d’utilité géné-rale, par le rétablissement successif du culte dans les plus petites com-munes de France , par la création d’un vaste système d’enseignement,par l’extension des constructions navales, par l’institution enfin de lamonarchie et la création d’une liste civile, s’élever à environ 000 mil-lions, et, la guerre survenant, à 700 millions (820 avec les frais deperception). Napoléon, en 1800, au retour delà guerre d’Autriche ,et avant son départ pour la guerre de Prusse , avait déclaré au Corpslégislatif, afin que l'Europe en fût bien avertie, que 600 millions luisuffisaient pour la paix, 700 millions pour la guerre, et que, sans re-courir à l’emprunt, système alors antipathique à la France , il obtien-drait cette somme par le rétablissement des perceptions naturelles,que la révolution française avait abolies, au lieu de se borner à les ré-former. En conséquence il avait rétabli, sous la nom de droits réunis ,les contributions sur les boissons, et, en remplacement de l’impôt desbarrières, l’impôt sur le sel. Ces perceptions avaient bientôt justifié saprévoyance et sa fermeté, car les droits réunis, après avoir produitune vingtaine de millions dans la première année, en produisaient déjà48 dans l’année 1806, et en promettaient 76 dans l’année 1807. l/im-pôt sur le sel, qui avait produit 6 à 7 millions en 1806, rapportait29 millions en 1807, et en faisait espérer bien davantage pour les an-nées suivantes. Les anciennes contributions avaient présenté égale-ment des améliorations notables. L’enregistrement était monté de160 millions à 180 ; les douanes, de 40 millions à 50 en 1806, à 66eu 1807 ; car si le commerce maritime était interdit, le commerceavec le continent prenait un immense développement.
Aussi les revenus ordinaires, que Napoléon avait supposé en 1806devoir s’élever à 700 millions, s’élevaient fort au delà en 1807, etpouvaient être évalués approximativement à 740 millions, se décom-posant de la manière suivante : 515 millions provenant des contribu-tions directes (impôt sur la terre, les propriétés bâties, les portes etfenêtres, les loyers, etc.); 180 provenant de l’enregistrement, droit