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LIVRE XXVIII.

devait s’ajouter la navigation naturelle des fleuves et rivières, et quepour cela il en fallait améliorer le cours. H ordonna d’étudier dix huitrivières, sur lesquelles du reste certains travaux étaient déjà entrepris.Toujours conséquent dans ses conceptions, il passa des canaux et desfleuves aux ports. Il consacra de nouveaux fonds à celui de Savone ,qui était l’un des aboutissants de la route d’Alexandrie . On sait quellesmerveilles s’accomplissaient à Anvers , où de vastes bassins, creuséscomme par enchantement, contenaient déjà des vaisseaux à troisponts, qu’ils avaient reçus des chantiers établis dans l’enceinte de cettegrande ville, et qu’ils transmettaient par l’Escaut à Flessingue . En ar-rangement avec la Hollande pour se faire céder Flessingue , Napoléon,y ordonna des travaux, afin de rendre l’entrée, la sortie, le mouillagede ce port plus faciles, et d’y mettre les flottes à l’abri de l’ennemi. ADunkerque, à Calais , il alloua des fonds pour allonger les jetées. ACherbourg , la grande jetée destinée à former un port était sortie del’eau, et avait été couronnée par une batterie, dite batterie Napoléon.La continuation de cette superbe entreprise, œuvre de Louis XVI , re-çut de nouvelles allocations, quoiqu’elle rappelât l’une des gloires del'ancienne monarchie. Napoléon livra enfin à un nouvel examen le sys-tème entier des places fortes de l’Empire. Il voulut leur consacrer unesomme qui n’était pas de moins de 12 millions par an, et il la distri-bua entre elles, en raison de leur importance, qu’il apprécia et fixa enles classant de la manière suivante : Alexandrie, Mayence, Wesel ,Strasbourg , Kelil, etc.

Mais jamais il ne s’occupait de grands travaux sans songer à Paris ,Paris son séjour, le centre de son gouvernement, la ville de sa prédi-lection, la capitale qui résumait en elle-même la grandeur, la prédo-minance morale de la France sur toutes les nations. Il s’était promis deno pas finir son règuc sans l’avoir couverte de monuments d’art et d’u-tilité publique, sans l’avoir rendue aussi salubre que magnifique.Déjà, grâce à lui, trente fontaines, au lieu de verser l’eau pendantquelques heures, la versaient jour et nuit. L’avancement du canal del’Ourcq permettait encore d’ajouter à cette abondance, et de fairecouler l’eau sans interruption dans les autres fontaines anciennes ounouvelles. En ce moment s’élevaient, par la main de plusieurs milliersd’ouvriers, les deux arcs de triomphe du Carrousel et de l’Etoile , lacolonne de la place Vendôme , la façade du Corps législatif, le templede la Madeleine, alors dit Temple de la Gloire, le Panthéon. Le pont