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d’Austerlitz, jeté sur la Seine, à l’entrée de cette rivière dans Paris ,était achevé. Le pont d’Iéna, jeté sur la Seine à sa sortie, se construi-sait, et la capitale de l’Empire allait ainsi être enfermée entre deuxsouvenirs immortels. Napoléon avait enjoint à l’administration de laBanque de bâtir un hôtel pour ce grand établissement. Il avait décrétéle palais de la nouvelle Bourse, et en faisait chercher l’emplacement.La grande rue Impériale, résolue, en 1806, devait être commencéeprochainement. C’était assez, eu fait de monuments d’arts, et il fallaits’occuper de monuments d’utilité publique. Napoléon, dans l’un deses conseils, décida que de longues galeries couvertes seraient con-struites dans les principaux marchés, pour y mettre à l’abri des intem-péries des saisons les acheteurs et les vendeurs ; qu’à la place dequarante tueries, où l’on abattait les bestiaux destinés à l’alimentationde Paris , et qui étaient aussi insalubres que dangereuses, on élèveraitquatre grands abattoirs aux quatre principales extrémités de Paris ;que la coupole de la balle aux blés serait reconstruite; enfin que devastes magasins, capables de contenir plusieuis millions de quintauxde grains, seraient bâtis du côté de l’Arsenal, ptès de la garedu canalSaint-Martin, au point même où venaient aboutir les voies navigables.Il avait donné de soins assidus et consacré de sommes considérables àl'approvisionnement de Paris ; mais il pensait que ce n’était pas toutque d’acheter des blés pour 20 millions de francs, comme il l’avaitfait à une autre époque, qu’il fallait en outre avoir un lieu danslequel on pùt les déposer, et c’est à cette pensée que sont dus les gre-niers d’abondance existant aujourd’hui près de la place de la Bastille .
Pour tous ces travaux, répandus du centre à la circonférence del Empire, le budget de l’interieur monta instantanément de 50 etquelques millions à 56. Le fonds de réserve, placé dans le budgetcomme ressource, et enfin des sommes complémentaires qu’on savaitoù prendre, devaient suffire à ces excédants de dépense, ordonnés,non dans des vues intéressées d’utilité locale, mais dans des vues gé-nérales de bien public, et ne dépassant jamais une sage mesure, malgréla fougue créatriceduchef de l’État. Cependant Napoléon voulait soulagerle Trésor, ou plutôt lui ménager le moyen de pourvoir sans cesse à denouvelles entreprises, et il imagina, pour arriver à ce but, diverses com-binaisons. D’abord l’abolition des dix centimes de guerre, récemmentaccordée, lui parut une occasion dont on devait profiter. Il suffisait deretenir une petite partie de ce bienfait dans quelques départements,