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FONTAINEBLEAU .

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90,000, ce qui devait porter son capital de 45 à 90 millions. Ces ac-tions n’avaient pas encore été émises, parce que la Banque craignaitde ne pas trouver l'emploi des fonds qui en proviendraient, depuissurtout que Napoléon avait jugé plus expédient de faire exécuter leservice du Trésor par le Trésor lui-même, et qu’il avait consacré à ceservice une somme de 84 millions, dont plus de moitié était déjà ver-sée. Le résultat de cette excellente mesure était cependant de laissersans emploi les capitaux habitués à se placer sur les obligations etbons à vue. Napoléon était enchanté de l’embarras qu’il causait ainsià certains capitalistes ; car c’était, disait-il, les mettre dans la néces-sité de chercher dans le commerce, dans l’industrie, dans les grandstravaux publics, des placements que ne leur offraient plus les valeursdu Trésor. La Banque, qui ordinairement se livrait aussi à l’escomptede ces valeurs, et qui ne pouvait plus s’en procurer, hésitait à émettreses 45,000 actions nouvelles. Napoléon la força de les émettre, pro-mettant de lui fournir bientôt, à elle et à tous les capitalistes, l’em-ploi de leur argent, par la multiplication des entreprises de toutgenre. Dans son langage figuré, il disait à la Banque de France :

» Avec le penchant qui existe dans notre pays à tout centraliser à» Paris , à y centraliser les payements comme le gouvernement lui-» même, la Banque doit y devenir le plus grand des agents cominer-» ciaux ; elle doit être vraiment digne de son nom de Banque de» France, et. devenir pour Paris ce que la Tamise, qui apporte tout à« Londres, est pour Londres . » Il exigea donc l’émission des 45,000nouvelles actions, qui, du reste , se placèrent avec avantage, car,émises à 1,200 francs (1,000 francs représentaient le capital de fac-tion, 200 francs représentaient d’anciens bénéfices accumulés), ellesse négociaient à 1,400 francs. Les trois effets publics du temps étaientla rente 5 pour cent, les actions de la Banque, et les rescriptions surdomaines nationaux, inventées pour liquider l’arriéré. Le 5 pour cent,à l’époque dont il s’agit (août 1807), se vendait 9ô francs, les actionsde la Banque 1,425, les rescriptions 92. Le taux de ces dernièresétait devenu presque invariable.

Napoléon demanda que l’intérêt fût réduit à 4 pour cent à laBanque, mesure qu’elle adopta avec empressement. Il ordonna quel’intérêt des cautionnements fût réduit, pour les uns de 6 à 5, pourles autres de 5 à 4. Enfin il poussa l’impatience du bien jusqu’à vou-loir fixer à 5 et ô 1/9 l’intérêt que la caisse de service allouait aux ca-