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pitaux. N’ayant pas besoin d’argent, en versant abondamment à cettecaisse, il soutenait qu’il ne taillait garder que les fonds qui pouvaientse contenter de cette rémunération, renvoyer les autres au commerce,et forcer ainsi la baisse de l’intérêt par tous les moyens dont pouvaitdisposer le gouvernement. Mais M. Mollien l’arrêta en lui prouvantqu’un tel résultat était prématuré, car l’argent promis à la caissen’était pas entièrement versé, et on avait encore besoin des ressourcesqui l’alimentaient ordinairement. Le succès d’une telle mesure eût étéinfaillible l’année suivante, si de nouvelles entreprises au dehorsn’étaient venues détourner les capitaux comme les soldats de la France de leur emploi le meilleur, le plus utile, le plus sur.
L’aspect sinon effrayant, du moins triste, que la guerre avait prisdurant l’hiver de 1807, joint aux rigueurs de la saison, à l’absence dela cour impériale, avait ralenti un moment l’activité des atfaires par-ticulièrement à Paris . Mais le rétablissement de la paix continentale,l’espérance de la paix maritime, avaient rendu le plus vif essor auximaginations, et de toutes parts on commençait à fabriquer dans lesmanufactures, et à faire dans les maisons de commerce des projets despéculation qui embrassaient l’étendue entière du continent. Bien queles produits de la Grande-Bretagne franchissent encore le littoraleuropéen par quelques issues ignorées de Napoléon, néanmoins ilsavaient de la peine à pénétrer, et beaucoup plus encore à circuler. Lesfils et les étolFes de coton, qui, grâce aux lois prohibitives renduesalors en France , avaient été fabriquées avec bénéfice, en grandequantité, et avec un commencement de perfection, remplaçaient lesproduits anglais du même genre, passaient le Bhin à la suite de nosarmées, et se répandaient en Espagne, en Italie, en Allemagne . Nossoieries, sans rivales dans tous les temps, remplissaient les marchés del’Europe, ce qui causait à Lyon une satisfaction générale. Nos draps,qui avaient l’avantage de la matière première, depuis que les lainesespagnoles manquaient aux Anglais et surabondaient pour nous,chassaient les draps anglais de toutes les foires du continent, car ilsavaient la supériorité, non-seulement de la qualité, mais de la beauté.Ce n’étaient pas, au surplus, nos produits seuls qui gagnaient à l’exclu-sion des produits anglais. La Saxe , la plus industrieuse des provincesallemandes, envoyait déjà des charbons par l’Elbe à Hambourg , desdraps fabriqués avec les belles laines saxonnes sur des marchés où ilsn’avaient jamais pénétré, et les métaux de l’Erzgebirge partout ou