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manquaient les métaux de l’Amérique . Nos fers et les fers allemandsprofitaient aussi beaucoup de l’exclusion des fers anglais et suédois , etse perfectionnaient à vue d’œil.
Napoléon s’efforcait de favoriser, par la puissance de la mode, puis-sance légère et fantasque, qui partage avec la sainte puissance de laconscience le privilège d’échapper au pouvoir, mais qui cependantobéit volontiers à la gloire, Napoléon s’efforcait par cette puissance defaire prévaloir l’usage des produits fabriqués avec des matières d’ori-gine continentale. Il voulait qu’on préférât par exemple la toile et lelinon, composés de chanvre et de lin, à la mousseline fabriquée avecdu coton. Il voulait aussi qu’on préférât la soierie au simple drap, cequi devait entraîner un retour vers le luxe de l’ancien régime, vers cetemps où les hommes, au lieu de se vêtir de la modeste étoffe qu’onappelle le drap noir, s’habillaient en étoffes aussi riches que celles quisont employées aux robes des femmes. Et il encourageait ce retour auluxe, comme le retour à la noblesse, aux titres, aux dotations, par desraisons à lui propres, raisons sérieuses, qui le dirigeaient toujoursdans les choses en apparence les plus futiles.
Sauf nos industries maritimes qu’il cherchait à dédommager de leurinaction par d’immenses créations navales, nos autres industries trou-vaient donc une cause puissante de développement dans celte situationextraordinaire que Napoléon avait procurée à la France . Mais, chosesingulière, la plus grande des forces mécaniques, celle de la vapeur,qui, par sa puissance expansive, anime aujourd’hui l’industrie humainetout entière, qui fait mouvoir tant de métiers, qui pousse tant de bâ-timents, qui est, arec la paix, la cause principale du bien-être desclasses inférieures et du luxe des classes supérieures, la force de lavapeur, échappant seule aux regards de Napoléon, se développait àcôté de lui et sans lui. Ces machines, dites alors machines à feu, deleur phénomène le plus apparent, grossièrement construites, consom-mant une quantité excessive de combustible, n’étaient employées quesur les houillères, à cause du bon marché du charbon dans ces sortesd'établissements. La société d’encouragement pour l’industrie propo-sait un prix, afin derécompenser ceuxqui les rendraient d’un usage pluspratique et plus économique ; et, à deux mille lieues de nos rivages,Fulton, peu écouté de Napoléon en 1805, parce que celui-ci avaitbesoin pour passer la mer, non pas d’un moyen à l’essai, mais d’unmoyen éprouvé, était allé faire l’expérience d’un bateau mù par ce