FO.NTAINtBI.EAU.
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forte, sublime, inconnue au monde, qui ne l’avait jamais entendue,qui ne l’entendra plus. On l’avait vue dans le xvm' siècle, changeantsoudainement de goût, d’esprit, de croyance, abandonner l’art pourla polémique, attaquer l’autel, le trône, toutes les institutions sociales,et produire une littérature nouvelle, acrimonieuse, véhémente, immor-telle aussi, quoique moins belle que la littérature qui s’attache à lapeinture du cœur humain. On l’avait vue ainsi varier à l’infini les pro-ductions de son esprit, et ne jamais tarir, comme cette fontaine où lesanciens faisaient abreuver le génie, et qui versait sur le monde un flotperpétuel. Mais, tout à coup, après une révolution immense, la plushumaine par le but, la plus terrible par les moyens, la plus vaste parses conséquences, l’esprit français , qui l’avait voulue, appelée et pro-duite, se montrait surpris, troublé, épouvanté de son œuvre, et pourainsi dire épuisé. La littérature française, à la suite de la révolutionde 1789, malgré l’influence de Napoléon, demeurait nulle et sansinspiration. La tragédie, déjà bien déchue, même lorsque Voltaire peignait dans Zaïre les comb:.ts de la religion et de l’amour, se traî-nait, demandant tantôt à la Grèce, tantôt à l’Angleterre, tantôt à So-phocle , tantôt à Shakspcare, des inspirations, qu’il vaut mieux attendrede la nature, qui ne viennent pas quand on les cherche, car le génievraiment inspiré n’a pas besoin d’excitation étrangère. Sa propre plé-nitude lui suffit. M. Chénier imitait, en un style noble et pur, la tra-gédie grecque ; M. Duci s, en un style incorrect et touchant, la tragédieanglaise. La comédie, dont M. Picart était alors en France le conti-nuateur le plus renommé, peignait, sans profondeur, mais avec quel-que gaieté, dés caractères indécis, les grands caractères ayant été tra-cés pour jamais par Molière , et par un ou deux de ses disciples. Lachaire avait perdu son autorité; la tribune était muette. Il n’y avaitd’autre éloquence que cellede M. Régnault, exposant en un style bril-lant et facile les menues aflaires du temps, et celle de M. de Fontanes,exprimant quelquefois à la tète des corps de l’État, et en un stylecorrect, élégant et, noble, grand de la grandeur des événements plusque de celle de l’écrivain, l’admiration de la Franee pour les prodigesdu règne impérial. L’histoire enfin manquait de liberté, manquaitd’expérience, et n’avait pas encore contracté ce goût de recherchesqui l’a distinguée depuis.
La littéral me française ne retrouvait une originalité véritable, uneéloquence touchante, que lorsque M. de Chateaubriand, célébrant les