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LIVRE XXVIII.

non pas plus polie, car clic n’avait jamais cessé de l’èlre, mais plus affec-tueuse. « Attendons, disait sans cesse l’empereur Alexandre au généralSavary, ce que fera l’Angleterre. Sachons quel parti elle va prendre ;alors j’cclatcrai, et quand je me serai prononcé, personne ne résistera.»

On attendait effectivement avec une vive impatience la conduitequ’allait tenir l’Angleterre. Le traité patent de Tilsit avait été publié.Chacun voyait bien qu’il ne disait pas tout, et que la nouvelle intimitéavec la France supposait d’autres stipulations secrètes. Mais enfin,d’après les dispositions patentes de ce traité, et sans aller au delii, onsavait que la Russie servirait de médiatrice à la France auprès del’Angleterre, et la France de médiatrice à la Russie auprès de la Porte.On attendait donc le résultat de cette double médiation.

Fidèle à ses engagements, l’empereur Alexandre, à peine arrivé àSaint-Pétersbourg , avait adressé une note au cabinet britannique,pour lui exprimer le vuiu du rétablissement de la paix générale, et luioffrir sa médiation, dans le but d’amener un rapprochement entre laFrance et l’Angleterre. Cette note avait été reçue par l’ambassadeurbritannique à Saint-Pétersbourg , et par le ministre des affaires étran-gères à Londres , avec une froideur qui ne laissait pas beaucoup d’espé-rance d'accommodement. Les nouveaux ministres anglais , en effet, mé-diocres disciplesdeM. Pi tt, n’étaient guère enclins à la paix. Leur origine,leurs relations de parti, leur avènement au ministère, peuvent seulsexpliquer la " 'que qu’ils adoptèrent en cette circonstance décisive.

On se souvient sans doute que, lorsque M. Pilt rentra en I80odansles conseils de George III , après avoir soutenu en commun avecM. F’oxune lutte fort vive contre le ministère Addiugton, il avait eu ou la fai-blesse, ou l’infidélité, d’y rentrer sans M. Fox d’une part, sans ses amisles plus anciens de l’autre, tels que MM. Grenvilleet Windham. Il étaitrevenu aux affaires avec des hommes nouveaux, qui avaient peu d’impor-tance politique alors, MM. Canning et Castlereagh . Celte conduite en-vers ses amis anciens ou récents l’avait beaucoup affaibli dans le par-lement, et avait rendu son second ministère peu brillant. La batailled’Austerlitz l’avait rendu mortel. A peine M. Pitt était-il mort, que sesfaibles collègues, MM. Canning et Castlereagh , s’étaient crus incapablesde tenir tète à des hommes tels que MM. Grenville et Windham, vieuxcollègues délaissés de M. Pitt, et M. Fox, son illustre et constant ri-val. Ils s’étaient retirés devant eux en toute hâte, et on avait vuMM. Grenville et Windham rentrer au ministère avec M. Fox. Lesage