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LiVRE XXVIII.
les Anglais avaient été obligés de s’éloigner de la ville, et ils occu-paient quelques îles à l’embouchure de la Plata. La Méditerrannécétait devenue aussi le théâtre de leurs expéditions ambitieuses. Ilsavaient, on s’en souvient, forcé les Dardanelles , sansrésultat pour eux,et fait en Egypte une descente, qui, après un échec devant Rosette etAlexandrie , avait été suivie de leur retraite. A toutes ces entreprises,les Anglais avaient gagné le Gap, l’ile de Curaçao , et l’animadversionde leurs alliés, qui se disaient abandonnés.
Telle était la situation du ministère Grenvillc lorsque, en mars 1807,une question se présenta inopinément, qui mit les principes modérésde ce ministère en opposition avec les principes religieux lu vieuxGeorge III . Une fois déjà ce prince dévot avait poussé l’entêtement,contre les catholiques d'Irlande jusqu’à se séparer de M. Pitt, plutôtque d’accorder un commencement d’émancipation. La même causedevait le séparer des collègues et successeurs de M. Pitt. Les Irlandaisservaient bien dans l’armée anglaise , et dans un moment où la lutteavec la France prenait un nouveau caractère d’acharnement, il étaitpolitique de satisfaire ces braves militaires eu leur permettant d’arriveraux mêmes grades que les officiers anglais , et de rattacher ainsi lescatholiques à la couronne d’Angleterre par un premier acte de justice.Une loi avait donc été projetée en ce sens par le ministère, et, grâce àl’abscurité de cette loi, obscurité calculée de la part des ministres quil’avaient rédigée , George III , la comprenant mal, avait consenti à cequelle fût présentée. Mais à peine l’avait-elle été que les ennemis ducabinet, qui n’étaient autres que les personnages secondaires dontM. Pitt s’était entouré lors de son dernier ministère, avaient par desintrigues secrètes éveillé les scrupules du vieux roi, et fait parvenirjusqu’à lui des explications qui donnaient à la loi une gravité dont il nes’était pas douté d’abord. George III avait alors voulu quelle fûtretirée. Lord Grenville , lord Howiek (M. Grey), s’étaient résignés avecpeine à cette démarche humiliante, en déclarant au roi que les con-cessions qu’on refusait actuellement aux Irlandais, il faudrait les leuraccorder un peu plus tard; à quoi George III avait répliqué en exigeantqu’on lui promit de ne plus rien proposer de semblable à l’avenir. De-vant cette royale exigence, MM. Grenville, Grey, et leurs collèguess’étaient retirés, enmars'1807. Le faible personnel ministériel qui avaitentouré M. Pitt était alors rentré au ministère, sous la présidence duvieux duc de Portland, ancien whig, qui n’avait plus aucune significa-