119
tion politique à cause de son grand âge, et qui n’était appelé que pourconserver au nouveau cabinet quelque apparence de la politique detransaction. MAI. Canning, Casllereagh , Perccval, membres princi-paux de ce ministère, étaient poursuivis à juste litre de la qualificationde complaisants du roi, profitant des faiblesses royales pour se substi-tuer aux hommes les plus considérables et les plus capables de l’An-gleterre. De violentes discussions dans les deux Chambres les ayantcoustitués presque en minorité, ils avaient osé menacer le parlementde dissolution , et avaient fini par le dissoudre, forts qu’ils étaient del’appui de George III . Les élections avaient eu lieu en juin 1807, aucri d’à bas les papistes! cri qui trouve toujours beaucoup d cchos enAngleterre. Secondés par le fanatisme populaire, qui allait jusquacroire que le Pape venait débarquer en Irlande , des ministres sans con-sidération, défenseurs d’une détestable cause, avaient obtenu une ma-jorité considérable. Tels étaient les hommes qui gouvernaient en cemoment l’Angleterre.
Ces nouveaux venus, à qui la fortune destinait plus tard l’honneur,qu’ils n’avaient pas mérité, de recueillir le fruit des efforts de M. Pitl,voulaient naturellement se distinguer de leurs prédécesseurs, et, cesprédécesseurs ayant cherché à tempérer la politique de M. Pitt, ilsdevaient, eux, chercher à l’exagérer. Us avaient d’abord pris l’engage-ment, qu’on leur avait fort amèrement reproché, de ne rien proposerau roi pour les catholiques ; et quant à la politique extérieure, ils affec-taient un grand zèle pour les alliés de l’Auglelerre, indignement aban-donnés, disaient-ils, par MM. Grenville, Windham, Grey.
Ils s’étaient hâtés de promettre des expéditions sur le continent, et,bien qu’entrés au ministère en mars, ils eussent pu, en avril, mai etjuin, apporter aux puissances belligérantes d’utiles secours, puisqueDantzig ne s’était rendu que le 20 mai, ils n’avaient rien fait, soit in-capacité, soit préoccupation des affaires intérieures; préoccupation quidevait être grande, car ils avaient alors à dissoudre le parlement et àle convoquer de nouveau. Quoi qu’il en soit, après avoir rassemblé uneflotte considérable aux Dunes, et réuni sur ce point de nombreusestroupes d’embarquement, leur coopération à la guerre continentales’était bornée à l’envoi d’une division anglaise à Stralsuud. La nouvellede la bataille de Friedland et de la paix de Tilsit les avait glacés d’ef-froi, pour leur pays et surlout pour eux-mèmes; car après avoir criti-qué avec une extrême vivacité l’inaction de leurs prédécesseurs, ils