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étaient exposés à s’entendre reprocher bien plus justement leur inertiependant les trois mois décisifs d’avril, mai et juin 1807. Il fallait doncà tout prix tenter quelque entreprise qui frappât l’opinion publique,qui fit tomber le reproche d’inaction, qui, utile ou inutile, humaineou barbare, fût assez spécieuse, assez, éclatante, pour occuper les es-prits mécontents et alarmés.
Dans cette situation, ils résolurent une entreprise qui a longtempsretenti dans le monde comme un attentat envers l’humanité, entreprisenon seulement odieuse,mais très-mal calculée au point de vue de l’intérêtbritannique. Celte entreprise n’était autre que la fameuse expéditioncontre le Danemark, imaginée pour le violenter, et pour l’obliger à seprononcer en faveur de l’Angleterre. Tristes imitateurs de M. Pitt, lesministres anglais voulaient renouveler contre Copenhague le coup«l’éclat au moyen duquel l’Angleterreavail, en 1801, dissous la coalitiondes neutres. Mais lorsque le ministère Addinglon , alors inspiré parM. Pitt, avait frappé Copenhague en 1801, c’ctait pour rompre unecoalition dont le Danemark faisait publiquement partie; c’était unacte de guerre opposé à un acte de guerre; c’était une opération té-méraire, mais habile dans sa témérité, cruelle dans scs moyens, maisnécessaire. En 1807, au contraire, il n'y avait ni prétexte, ni justice,ni habileté à attaquer le Danemark. Cet Etat, scrupuleusement neutre,avait apporté un soin extrême à maintenir sa neutralité. Il avait, parune malheureuse habitude de prendre plus de précautions contre laFrance que contre l’Angleterre, placé toute son armée le long duHol-stein, s’exposant comme on l’avait vu à Lubeck , à une collision avecles troupes françaises , plutôt que de laisser franchir la ligne de sesfrontières. Sa diplomatie avait agi comme son armée , et il avait tou-jours manifesté à l’égard de la France une susceptibilité ombrageuse.Dans le moment même il ne venait pas, ainsi quele prétendirent men-songèrement les ministres anglais, de traiter avec la Russie et laFrance , et de stipuler son adhésion à la nouvelle coalition continen-tale. Loin de là, il venait de protester encore une fois de son désirde conserver la neutralité, bien que Napoléon lui fit déclarer avec mé-nagement , mais avec résolution , que lorsque l’Angleterre se seraitexpliquée relativement à la médiation russe, il faudrait enfin prendreun parti, et se prononcer pour ou contre les oppresseurs des mers.Silos ministres anglais avaient en cette circonstance agi habilement,ils auraient laissé à Napoléon le rôle odieux de contraindre le Dane-