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LIVRE XXVIU.

tels ravages une population de 100,000 âmes. Près de 2,000 indi-vidus, hommes, femmes, enfants, vieillards, avaient succombé. Unemoitié de la ville était en flammes, les plus belles églises étaient enruine; le feu avait atteint l’arsenal. Le général Peymann blessé, nerésistant pas aux scènes horribles qu’il avait sous les yeux, céda enfinaux menaces d’une destruction totale, que renouvelait le général an-glais, et livra Copenhague à ses barbares conquérants. La capitulationfut signée le 7. Elle accordait aux Anglais la forteresse de Kronen-bourg, la ville de Copenhague et l’arsenal, avec facullé de les occuperpendant six semaines, temps jugé nécessaire pour équiper la flottedanoise et l’emmener eu Angleterre. Cette flotte était livrée à l’ami-ral Gambicr, sous condition de la restituer à la paix.

Cette capitulation signée, les Anglais entrèrent à Copenhague , etleurs marins se précipitèrent dans l’arsenal. Aucun spectacle, depuisleur entrée à Toulon , n’était comparable à celui qu’ils offrirent encette occasion. En présence d’une population au désespoir, qui voyaitses habitations ravagées, qui comptait dans son sein des milliers de vic-times mortes ou mourantes, qui, outre ses malheurs privés , sentaitvivement les malheurs publics, car la perle de la marine danoise sem-blait à chacun la ruine de sa propre existence ; en présence de cellepopulation désolée, les matelots anglais , descendus en grand nombreà terre, se ruèrent sur l’arsenal avec une brutalité inouïe. L’usage an-glais d’accorder aux marins une grande part de la valeur des prises,ajoutant à leur haine contre toutes les marines européennes le stimu-lant de l’avidité personnelle, officiers et matelots déployèrent une ar-deur, une activité extraordinaires à mettre à flot tout ce que Copenhague renfermait de bâtiments en état de naviguer. On y comptait seize vais-seaux de ligne, une vingtaine de bricks et frégates capables de servir,avec le gréement déposé dans des magasins fort bien tenus. En quel-ques jours ces quarante et quelques bâtiments étaient gréés, équipéset sortis des bassins. Le zèle destructeur des marins anglais ne seborna pas à cet enlèvement. Il y avait deux vaisseaux en construction,ils les démolirent. Tout ce qui se trouvait dans l’arsenal de bois, demunitions navales, fut transporté à bord de l’escadre danoise ou del’escadre anglaise . Ils prirent jusqu’aux outils des ouvriers, et détrui-sirent tout ce qu'ils ne purent enlever. Une moitié des équipages an-glais fut ensuite placée à bord des vaisseaux danois pour les manœuvrer,et l’expédition entière , tant la flotte conquérante que la flotte con-