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LIVRE xxvin.
car s’il élait vrai qu’à Tilsit (ce que le cabinet britannique ne savaitque trcs-vaguement) la Russie et la France se fussent promis d’unirleurs efforts pour contraindre le continent à se coaliser contre l’Angle-terre, ce n’était qu’après une offre de paix à des conditions modérées;c’était de plus à l’insu du cabinet de Copenhague , qui n’était pas com-plice de ce projet. Il y avait donc, dans la conduite tenue à l’égard duDanemark , iniquité sous le rapport de la morale, et ineptie sous lerapport de la politique; car le vrai moyen d’avoir avec soi celtepuissance neutre, d’avoir sa flotte, ses matelots et le Sund , c’était dela secourir, en laissant à Napoléon le soin de la violenter.
Cependant, malgré la réprobation dont les honnêtes gens d’Angle-terre frappèrent l’expédition de Copenhague , un parlement asservi auxpréjugés anticalholiques de la couronne, et à la politique outrée deM. Pitt, donna gain de cause aux ministres, mais non sans laisser voirl’embarras qu’il éprouvait. Il prit en effet la forme d’un ajournement,en déclarant qu’on jugerait l’acte plus tard, quand les ministres pour-raient dire ce qu’ils étaient obligés de taire dans le moment. Mais touteidée de paix fut à jamais éloignée. Le cabinet britannique, ne se dissi-mulant pas la fâcheuse impression produite en Europe par ses der-nières violences, s’occupa de rétablir son crédit auprès des deux prin-cipales cours du continent, celles de Vienne et de Saint-Pétersbourg .Il envoya à Vienne lord Pembroke, à Saint-Pétersbourg le général Wil-son, pour porter quelques-unes de ces propositions qu’on aime mieuxcommuniquer de vive voix que par écrit. Voici quelles étaient cespropositions.
A la satisfaction apparente que l’empereur Alexandre semblait avoirrapportée d’une guerre signalée cependant par des revers, aux demi-confidences qu’il avait faites, et qui toutes donnaient à entendre qu’onverrait sortir de grands résultats de l’alliance avec la France , à la per-sistance qu’d mettait à occuper la Moldavie et la Valachie , il étaitévident, pour les hommes doués de quelque sagacité, que la France ,afin d’amener la Russie à ses vues, lui avait fait la promesse de grandsavantages en Orient, et quelle avait singulièrement flatté son ambi-tion de ce côté. Le cabinet britannique se décida donc sans hésiter auxsacrifices que la circonstance lui paraissait commander; et, quoiqu’ilaffectât sans cesse de défendre l’intégrité de l’empire ottoman , il pensaqu’il valait mieux donner soi-même la Valachie et la Moldavie à laRussie , que de les lui laisser donner par Napoléon. En conséquence,