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FONTAINEBLEAU .

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M. Wilson, militaire et diplomate, personnage hardi et spirituel, troppeu important alors pour qn’on craignît de le désavouer au besoin, lutchargé de porter à Saint-Pétersbourg les paroles les plus séduisantespour l’empereur Alexandre. Il n’avait aucuns pouvoirs ostensibles ;mais M. Canning s’entretenant avec M. d’Alopeus, ministre de Russie ,lui déclara qu’on pouvait ajouter foi à ce que dirait M. Wilson.Lord Pembroke, envoyé extraordinairement en Autriche malgré laprésence deM. Adair, fut chargé de démontrer à la cour de Vienne lanécessité de bien vivre avec la Russie , et de se résigner dès lors à tousles sacrifices que cette politique pourrait entraîner. Il ne s’agissaiteffectivement de rien moins que de disposer l’Autriche à voir de sang-froid la Moldavie et la Valachie devenir la propriété des Russes .

Lord Gower, ambassadeur en Russie , et M. Wilson, qu’on lui avaitenvoyé pour le seconder, s'efforcèrent de persuader au cabinet russequ’il ne fallait pas trouver mauvais ce qu’on avait fait à Copenhague ,qu’on avait tout simplement tâché d’enlever des moyens de nuire àl’ennemi commun de l’Europe ; qu’il fallait s’en réjouir au lieu de s’enirriter; que l’on comptait sur la Russie pour ramener le Danemark àune plus juste appréciation des derniers événements, et que, quant àsa flotte, on la lui rendrait plus tard, s’il voulait se rattacher à labonne cause ; que, du reste, sans prétendre s’instituer juge de lanouvelle politique adoptée par la Russie , on était certain qu’elle revien-drait bientôt à son ancienne politique, comme à la seule qui fût bonne;qu’on ne chercherait pas à la mettre de nouveau en guerre avec laFrance , dans un moment où elle avait tant besoin de repos pour serefaire; qu’on verrait même avec plaisir tout agrandissement de sonterritoire et de sa puissance ; car il n’y avait qu’une sorte d’agrandisse-ment fâcheux, qu’il fallût empêcher par tous les moyens, c’était l’a-grandissement de la France; mais que si la Russie désirait la Moldavie et la Valachie , on consentirait à ce quelle eu fit l’acquisition, pourvuque ce ne fût point par suite d’un partage des provinces turques avecl’empereur Napoléon.

Les plus compromettantes de ces paroles, celles qu’on ne voulaithasarder qu’avec faculté de les retirer au besoin, furent dites parM. Wilson à M. de Romanzoff, qui les rapporta un instant aprèsau général Savary. Les autres furent dites par lord Gower lui-mêmeavec une arrogance qui n’était pas de nature â détruire ce qu’elles

avaient d’étrange. Cette manière si leste d’expliquer l’expédition de

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