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LIVRE XXVIII.

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vait recouvrer Braunau sans rien perdre en Istrie , apprendre en outreque rien de prochain ne se préparait en Orient, aurait procuré au ca-binet autrichien une véritable joie , si dans l’état des choses il eût étécapable d’en éprouver. Aussi parut-il enclin à faire tout ce que voudraitNapoléon, soit quant au thalweg de l’Izonzo, soit quant aux démarchesà tenter auprès de l’Angleterre, dont la conduite à Copenhague étaitsi odieuse, que même à Vienne on n’hésitait pas à la condamner hau-tement. En conséquence, des pouvoirs furent envoyés à 31. de Metter-nich, ambassadeur d’Autriche à Paris , pour signer une convention quiembrasserait tous les objets sur lesquels un accord était désirable , etparaissait facile depuis les explications échangées à Fontainebleau .

Il fut convenu que la place de Braunau serait remise à l’Autriche ,que le thalweg de l’Izonzo serait pris pour frontière des possessions au-trichiennes et italiennes, et qu’une roule militaire continuerait d’etreou-verte à travers l’Istrie aux troupes françaises qui se rendaient enDalmatie.La convention contenant ces stipulations fut signée à Fontainebleau le10 octobre. Aux stipulations écrites on joignit des promesses formellesrelativement à l’Angleterre. L’Autriche ne pouvait pas envers cettevieille alliée procéder par une brusque et ferme déclaration de guerre,mais elle promit d’arriver au résultat désiré en y apportant des formesqui noteraient rien à la fermeté de ses résolutions. En effet, ellechargea 31. de Stahrembcrg, son ambassadeur à Londres , de se plain-dre de l’acte commis sur Copenhague , comme d’un attentat que de-vaient ressentir vivement tous les Etats neutres, d’exiger une réponseaux offres de médiation qui avaient été faites en avril par la cour d’Au-triche, en juillet par la cour de Russie , et de signifier que si l’Angle-terre ne répondait pas dans un délai prochain à des ouvertures de paixtant de fois réitérées, sauf à débattre ensuite les conditions en présencedes puissances médiatrices, on serait forcé de rompre toute relationavec elle, et de rappeler l’ambassadeur d'Autriche . A ces communica-tions officielles il fut ajouté la déclaration secrète que l’Autriche , com-plètement isolée sur le continent, était incapable de tenir tête à laRussie et à la France réunies; qu’elle était donc obligée de leur céder;que d’ailleurs en ce moment la France lui accordait des conditions to-lérables : que décidément elle ne pouvait ni ne voulait plus songer à laguerre, et que l’Angleterre devait de son côté songer à la paix ; car, s’ileu était autrement, elle contraindrait ses meilleurs amis à se séparerd’elle. 11 est vrai que, si le cabinet parlait ainsi, les partisans passionnés