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FOUTAINFCLKAT.

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du Piémont; politique détestable, bonne tout au plus pour l'Autriche ,qui a toujours voulu posséder le revers dos Alpes , et dont le sol d’ail-leurs, composé de conquêtes mal liées ensemble, n’est pas dessiné parla nature de manière à lui inspirer le goût des frontières bien tracées.S’emparer des provinces basques et de celles qui bordent l’Èbre , tellesque l’Aragon et la Catalogne , eût donc été une faute contre la géogra-phie, un moyen assuré de blesser tous les Espagnols au cœur, et unebien impuissante manière de placer leur gouvernement sous la dépen-dance de Napoléon ; car pour soumis, incapable de se défendre, cegouvernement l’était; mais habile, actif, dévoué, tel enfin qu’il fallaitle souhaiter, il ne le serait pas devenu par l’abandon de l’Aragon oude la Catalogne à la France . On l’aurait ainsi rendu plus méprisable,mais non plus fort, plus courageux, plus appliqué.

Cette manière de disposer du Portugal était la plus mauvaise detoutes, et la plus dangereuse. Napoléon n’y inclinait pas. Cependantil l’avait examinée comme toutes les autres, et, même à celte époque,ce qui prouve qu’il y avait pensé, il faisait demander à la légationfrançaise à Madrid une statistique des provinces basques et des pro-vinces que l'Ebre arrose dans son cours. Auprès de lui se trouvait alorsun conseiller dangereux, dangereux non parce qu’il manquait de bonsens, mais parce qu’il manquait de l’amour du vrai : c’était M. deTalleyrand , qui, ayant deviné les sccrètespréoccupations de Napoléon,exerçait sur lui la plus funeste des séductions ; c’était de l’entretenirsans relâche de l’objet de ses pensées. U n’y a pas pour la puissancede flatteur plus dangereux que le courtisan disgracié qui veut recou-vrer sa faveur. Le ministre Fouché,ayant perdu en 1802 le portefeuillede la police, pour avoir improuvé l’excellente institution du Consulatà vie, s’était efforcé de regagner son portefeuille perdu en secondantpar mille intrigues la funeste institution de l’Empire. M. de Talley-rand jouait en ce moment un rôle pareil. Il avait sensiblement dépluà Napoléon en voulant quitter le portefeuille des affaires étrangèrespour la position de grand dignitaire, et il cherchait à lui plaire denouveau, en le conseillant comme il aimait h l’être. M. de Talleyrand était du voyage de Fontainebleau. Il voyait depuis l’événement de Co-penhague la série des guerres reprise et continuée, la France lançantla Russie au nord et à l’orient pour pouvoir se lancer elle-même aumidi et à l’occident, ia question du Portugal devenue pressante, et,s’il n’avait pas assez de génie pour juger les arrangements qui conve-