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conformement à la Note que Napoléon avait dictée à M. deChainpagny,et signé par M. Yzquierdo pour l’Espagne , par le grand maréchalDuroc pour la Fiance. Il fut signé à Fontainebleau même, le 27 oc-tobre, et il a acquis sous le litre de traité de Fontainebleau une mal-heureuse célébrité, parce qu’il a été le premier acte de l’invasion de laPéninsule.
A peine les signatures étaient-elles données que l’ordre fut expédiéau général Junot, dont les troupes entrées le 17 en Espagne se trou-vaient déjà rendues à Salamanque, de se porter sur le Tage par Alcan-tara, d’en suivre la rive droite, tandis que le général Solano, marquisdel Socorro, avec 10,000 Espagnols , en suivrait la rive gauche. Il futexpressément recommandé au général Junot d’envoyer à Paris tous lesémissaires portugais qui viendraient à sa rencontre, en disant qu’iln’avait aucun pouvoir pour traiter, que scs instructions étaient démar-cher à Lisbonne , en ami si on ne lui résistait pas, en conquérant si onlui opposait une résistance quelconque.
M. de Talleyrand,pour avoir prêté l’oreille à tous les épanchementsîle Napoléon sur l’Espagne , obtint ce qu’il désirait, c’est-à dire unesorte de suprématie sur le département des affaires étrangères.Napoléon , irrité d’abord de le voir abandonner le portefeuille des af-faires étrangères pour la dignité purement honorifique de vice-gvand-élccleur, lui avait signifié qu'il n’aurait plus aucune part àla diplomatie de l’Empire. Mais, vaincu par l’adresse de M. deTallcyraud, il décréta que le vice-grand-électeur remplacerait dansleurs fonctions, non-seulement le grand électeur lui-même, absentparce qu’il régnait à Naples , mais l’archichancelier d’État,absent aussiparce qu’il régnait à Milan . On se souvient sans doute que l’archi-chancelier d’État avait pour attribution spéciale la présentation desambassadeurs, la garde des traités, en un mot la partie honorifique dela diplomatie impériale. M. de Talleyrand , joignant ainsi au rôle d’ap-parat qui lui était attribué par décret le rôle sérieux qu’il tenait de laconfiance de l’Empereur, se trouvait à la fois dignitaire et ministre,ce qu’il avait toujours ambitionné, et ce que Napoléon avait déclaré nejamais vouloir. L’archichancelier Cambacérès en fit la remarque à Na-poléon , qui fut légèrement embarrassé, et promit que le décret neserait point signé. Mais l’archichancelier Cambacérès partait alors pourrevoir sa ville natale, celle de Montpellier , qu’il n’avait pas visitéedepuis longtemps ; et à peine était-il parti que le décret si désiré par