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MVUE XXVIII.
M. de Tallcvrand fui signé et publié comme acle officiel Ainsi encet inslanl décisif et funeste, la sagesse s’éloignait, et la complaisancerestail, complaisance plus dangereuse chez M. de Talleyrand que chezaucun autre, car elle prenait chez lui toutes les formes du bon sens.
Le projet de Napoléon était de partir pour l'Italie , tout de suiteaprès avoir reçu M. de Tolsfoy, car depuis 1805 il n’avait pas revu cepays de sa prédilection. 11 voulait lui apporter le bienfait de sa pré-sence vivifiante, embrasser son tils adoptif Eugène de Beauharnais , sonfrère aîné Joseph, et entretenir Lucien lui-mème qu’il espérait fairerentrer dans le sein de la famille impériale, peut-être même placersur un trône. Mais tout à coup, au moment de partir, les nouvellesvenues de Madrid l’arrêtèrent, et l’obligèrent à suspendre son départ 1 2 ,(les nouvelles, qui depuis quelque temps commençaient à prendre uncaractère grave, étaient de la nature la plus étrange et la plus inat-tendue. Elles annonçaient que le 27 octobre, jour même où se signaiten France le traité de Fontainebleau , le prince des Asturies avait étéarrêté à l’Escurial, et constitué prisonnier dans ses appartements; queses papiers avaient été saisis, qu’on y avait trouvé les preuves d’uneconspiration contre le trône, et qu’un procès criminel allait lui êtreintenté. Immédiatement après, une lettre du 29, signée de Charles IV lui-même, apprenait à Napoléon que son fils aîné, séduit par des scé-lérats, avait formé le double projet d’attenter à la vie de sa mère età la couronne de son père. L’infortuné roi ajoutait qu’un tel attentatdevait être puni, qu’on était occupé h en rechercher les instigateurs;mais que le prince, auteur ou complice de projets si abominables, nepouvait être admis à régner ; qu’un de ses frères, plus digne du rangsuprême, le remplacerait dans le cœur paternel et sur le trône.
Poursuivre criminellement l’héritier de la couronne, changer l’ordrede succcssibililé au trône, étaient des résolutions d’une immense gra-
1 Ce qui paraîtra singulier, et ce qui est bien digne de remarque, c'est que l'ar-chichancelier Cambacérès , dans ses précieux mémoires manuscrits, raconte queNapoléon adhéra à son conseil, et que Ht. de Talleyiand n’obtint pas ce qu'il sou-haitait. C'est une erreur de ce grave personnage, car la correspondance de Napo-léon et te Moniteur (no 511 de 18G7, date du 7 novembre) prouvent que le décretfut signé. Mais Napoléon , pour échapper sans doute à l’embarras de s’en expliquer,n’en parla probablement plus à l’archichancelier, qui put croire que le décretn’existait pas.
2 La correspondance de Napoléon prouve ce fait de la manière la plus anthen-tique.