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FONTAINEBLEAU .

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vite, qui devaient émouvoir Napoléon, déjà fort occupé des affairesd’Espagne , et qui ne lui permettaient plus de s’éloigner. L’appel qu’onfaisait à sou amitié, presque à scs conseils, en lui annonçant ce mal-heur de famille, malheur bien affreux s’il était vrai, bien déshonorants'il n’était qu’une calomnie d’une mère dénaturée, accueillie par unpère imbécile, l’obligeait à s’enquérir exactement des faits, et presqueà intervenir pour eu dominer les conséquences. De plus, à la mêmeépoque, arrivaient des lettres du prince des Asturies, qui implorait laprotection de Napoléon contre d’implacables ennemis, et demandait àdevenir non-seulement son protégé, mais son parent, son fils adoptif,en obtenant la main d’une princesse française '. Ainsi ces malheureuxBourbons, le père comme le (iis, appelaient eux-mèmes, forçaientpresque à se mêler de leurs affaires, le conquérant redoutable, déjà sidégoûté de leur incapacité, et trop disposé à les chasser d’un trône oùils étaient non-seulement inutiles, mais dangereuxà la cause communede la France et de l’Espagne .

On ne s’expliquerait pas ces circonstances étranges, si on ne reve-nait eu arrière pour prendre connaissance de ce qui se passait depuisune année à la cour d’Espagne . On a vu ailleurs (tome IV) le tableaude celte cour dégénérée, dominée par un insolent favori, qui était par-venu à usurper en quelque sorte l’autorité royale, grâce à la passiouqu’il avait inspirée vingt ans auparavant à une reiue sans pudeur. S’ilétait en Europe un lieu fait pour présenter, dans tout ce qu’il a de plushideux, le spectacle de la corruption des cours, c’était assurément l’Es-pagne. Derrière les Pyrénées , entre trois mers, presque sans commu-nication avec l’Europe , à l’abri de ses armées et de ses idées, au milieud’une opulence héréditaire, qui avait sa source dans les trésors dunouveau monde, et qui entretenait la paresse de la nation comme cellede ses princes; sous un climat ardent qui excite les sens plus quel’esprit, une vieille cour pouvait bien en effet s'endormir, s’amollir etdégénérer, entre un clergé intolérant pour l’hérésie mais tolérant pourle vice, cl une nation habituée à considérer la royauté, quoi qu elle fit

1 La lettre fort connue dans laquelle Ferdinand demandait à Napoléon sa pro-tection et la main d'une princesse de sa famille est du 11 octobre. Mais, par desraisons que nous dirons ailleurs, elle ne fut expédiée par M. de Beauharnais quedans une dépêche du 20, partit le 20 ou le 21 de Madrid , et ne put arriver que le28 à Paris, peut-être le 29 à Fontainebleau. Les courriers de Madrid mettaient alorssept ou huit jours pour se rendre à Paris .