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FONTAINEBLEAU .

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hissait ia cause des nations maritimes, le repos si commode à salâcheté. Aussi, tandis qu’il aiïectait de mépriser la marine, moyen delutter contre l’Angleterre, il témoignait une grande estime pourl’armée de terre, moyen de résister aux conseils de la France . Leprince de la Paix parlait volontiers de ses grenadiers, de ses dragons,de ses hussards ! Voici pourtant où eu était cette armée, objet de saprédilection :

L'armée espagnole se composait d’environ 58,000 hommes d’in-fanterie et d’artillerie, de 15,000 à 16,000 hommes de cavalerie, de6,000 gardes royaux, de 11,000 Suisses , 2,000 Irlandais, et enfinde 28,000 soldats de milices provinciales, en tout 120,000 hommesà peu près, pouvant fournir 50,000 à 60,000 combattants au plus.L’infanterie était faible, chétive, et recrutée en partie dans le rebut dela population. La cavalerie, formée avec des sujets mieux choisis, n’é-tait montée qu’en très-petite partie, la belle race des chevaux espa-gnols , si ardents et si doux, tombant chaque jour en décadence. Lesgardes royaux, espagnols et wallons, présentaient la seule troupevraiment imposante. Les milices, composées de paysans qui n’étaientpas exercés, qui ne pouvaient pas être déplacés, n’étaient presqued’aucun usage. Les auxiliaires suisses étaient, comme partout, unetroupe de métier, fidèle et solide. Aussi, après avoir défalqué les14,000 hommes envoyés dans le nord de l’Allemagne , il ne restaitpas plus de 15,000 à 16,000 hommes à diriger vers le Portugal , surles 26,000 promis par le traité de Fontainebleau. Les présides d’A-frique, notamment Ceuta, ce redoutable vis-à-vis de Gibraltar , dont laprise par les Anglais ou les Mores aurait fini par rendre impossible lepassage de la Méditerranée dans l’Océan, ne contenaient ni garnisonsni vivres. A Ceuta , au lieu de 6,000 hommes de garnison, prescritspar les règlements et l’usage, il y eu avait 5,000. Au fameux camp deSaint Roch, devant Gibraltar , on comptait tout au plus 8,000 à9,000 hommes. Le reste de l’armée espagnole, répandu dans les pro-vinces, y était employé à faire le service de la police, attendu qu’iln’existait pas alors de gendarmerie en Espagne . La réunion d’une arméequelconque eût été impossible, car les 14,000 hommes envoyés enAllemagne, 1rs 16,000 acheminés vers le Portugal , absorbaientpresque entièrement la portion disponible des troupes régulières. Dureste tout ce personnel de guerre, mai vêtu, mal nourri, rarementpayé, dépourvu d’émulation, d’esprit militaire, d’instruction, était