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LIVRE XXVIII.

uu corps sans aine. Là comme dans la marine, i’élat-major dévoraitpresque toutes les ressources. 11 comptait un généralissime, S capi-taines généraux répondant au grade de maréchal, 87 lieutenantsgénéraux, 127 maréchaux de camp, 252 brigadiers (grade intermé-diaire entre celui de maréchal de camp et celui de colonel) et unnombre inconnu de colonels, car il y en avait dont le titre était réel,d’autres provisoire ou honorifique, et, compris les uns et les autres,on iie parlait pas de moins de 2,000. Voilà ce qui restait de cesredoutables bandes qui avaient fait trembler l'Europe au xv° etxvi' siècles ! Voilà aussi à quoi servait la prédilection marquée duprince de la Paix pour l’armée!

Quant aux linances, qui avec les forces de terre et île mer formentle complément de la puissance d’un État, elles répondaient à la situa-tion de ces forces, et servaient à l’expliquer. On devaient à la Hol-lande, à la Banque, au ' "c, aux grandes fermes, en emprunts àéchéances fixes et annuelles 114 millions, en arriéres de solde etd’appointements 111 millions, en valès royaux (papier-monnaie, quiperdaient 50 pour 100), 1 milliard 52 millions, ce qui présentaitune dette exigible de 1 milliard 258 millions, partie échéant prochai-nement, partie tout de suite, et pouvant être qualifiée de criarde ;car pour un gouvernement, 110 millions d’arriérés de solde et d ap-pointements, 52 millions dus aux grandes fermes, 8 millions promismois par mois à la France et non payés, 7 millions d’intérêts annuelsdus à la Hollande, 7 millions d’intérêts de valès non servis, pouvaientbien s’appeler des dettes criardes. Les dépenses et les revenus secomposaient comme il suit : 126 millions de revenus et 159 millionsde dépenses, offrant par conséquent un déficit annuel de 55 millions,c’est-à-dire du cinquième des besoins. Les impôts étaient fort mal assis.Les douanes, les tabacs, les salines, les octrois supportaient les prin-cipales charges. La terre, grâce à ses propriétaires, nobles ou prêtrespour la plupart, ne payait que la dime au profit du clergé, avec untel système d’impôt on n’aurait obtenu que 100 millions de produits,si l’Amérique n’avait fourni un supplément de 25 ou 26 millions.L’Espagne conlribuait pour des sommes beaucoup plus considérables,mais qui restaient en grande partie dans les mains des collecteurs durevenu public. L’industrie, depuis longtemps détruite, ne produisaitplus ni belles soieries, ni belles draperies, malgré les mûriers del'Andalousie et les magnifiques troupeaux de la race espagnole. Que