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FONTAINEBLEAU .

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qucs fabriques de toiles de coton, en Catalogne , étaient plutôt unprétexte pour la contrebande qu’une industrie réelle, car alors, commeaujourd’hui, elles servaient à attribuer mensongèrement une origineespagnole aux cotonnades anglaises. Le commerce était ruiné, car ilse trouvait réduit à quelques échanges clandestins de piastres, dont lasortie était défendue, contre des marchandises anglaises, dont l’entréeétait défendue également, et à l’importation (celle-ci permise) de cer-tains produits du luxe français . L’approvisionnement des colonies etde la marine, qui seul depuis longtemps entretenait encore un reste<1 activité dans les ports de l’Espagne , était devenu nul par la guerre.La contrebande anglaise dans l’Amérique du Sud , rendue plus faciledepuis la conquête de la Trinité, y suffisait. L’agriculture, arriéréedans ses procédés, difficilement modifiable par les nouvelles méthodes,à cause de la chaleur du climat, et d’un manque d’eau presque absolu,ravagée en outre par la tnesla , c’est-à-dire par la migration annuellede 7 à 8 millions de moulons du nord au midi de la Péninsule, pré-sentait depuis des siècles un état stationnaire. Ainsi le peuple étaitpauvre, la bourgeoisie ruinée, la noblesse obérée, et le clergé lui-même, quoique richement doté, et plus nombreux à lui seul quel’armée et la marine, souffrait aussi de la vente du septième de sesbiens, demandée et obtenue en cour de Rome, à cause de la détressepublique. Mais sous celte misère générale, il y avait une nation forte,orgueilleuse, aussi fière du souvenir de sa grandeur passée que sicette grandeur existait encore; ayant perdu l’habitude des combats,mais capable du plus courageux dévouement; ignorante, fanatique,haïssant les autres nations ; sachant néanmoins que de l’autre côté desPyrénées il s’était opéré d’utiles réformes, accompli de grandes choses ;appelant, et craignant tout à la fois les lumières de l’étranger ; pleineen un mot de contradictions, de travers, de nobles et attachantesqualités, et dans le moment ennuyée au plus haut point de son oisi-veté séculaire, désolée de ses humiliations, indignée des spectaclesauxquels elle assistait !

C’est en présence d’une nation si près de perdre patience que l’ineptefavori, dominateur de la paresse de son souverain, des vices de sa sou-veraine, poursuivait le cours de ses turpitudes. Tandis qu’on manquaitde numéraire, dans un pays qui possédait le Mexique et le Pérou , etqu’on y suppléait avec un papier-monnaie discrédité, Emmanuel(ïodoy, par un vague pressentiment, accumulait chez lui des sommes