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tous les deux, obligé de chercher autour de lui un refuge, il lavaittrouvé auprès de sa jeune épouse, et s’était vivement attaché à elle.Comme les deux maisons de Naples et d’Espagne se haïssaient mortel-lement, et que la jeune princesse arrivait à l’Escurial avec les senti-ments puisés dans sa famille, elle n’avait pas contribué à ramener Fer-dinand à ses parents, et avait, au contraire, fomenté l’aversion qu’ilnourrissait pour eux. Aussi, dans sa médiocrité d’esprit et de cœur,accueillant tout bruit conforme à sa haine, Ferdinand croyait avoir étéprivé par un crime de la femme qu’il aimait, et il imputait ce crimeà sa mère, ainsi qu’au favori adultère qui la dominait. On comprendtout ce qu'il devait fermenter de passions dans ces âmes vulgaires, ar-dentes et oisives. Le prince était gauche, faible et faux, doué pour toutesprit d’une certaine finesse, pour tout caractère d’un certain entête-ment. Mais, aux yeux d’une nation passionnée, ayant besoin d’aimerl’un de ses maîtres, et d’espérer que l’avenir vaudrait mieux que leprésent, sa gaucherie passait pour modestie, sa sauvage tristesse pourle chagrin d’un fils vertueux, son entêtement pour fermeté, et, sur lebruit de quelque résistance opposée à divers actes du prince de la Paix,on s’était plu à lui prêter les plus n ibles et les plus fortes vertus.
Dans le courant de 1807, la nouvelle se répandit tout à coup quela santé du roi déclinait, rapidement, et que sa fin approchait. Les ap-parences en effet étaient alarmantes. Ce roi, honnête et aveugle, ne sedoutait pas de toutes les bassesses qui à son insu déshonoraient sonrègne. Doué néanmoins d’un certain bon sens, il voyait bien qu’il yavait des malheurs autour de lui ; car, quoi qu’on fit pour le tromper,la perte de la Trinité, le désastre de Trafalgar, le papier-monnaiesubstitué à l’argent, ne pouvaient pas prendre l’apparence de la pros-périté et de la grandeur. Il accusait les circonstances, et demeuraitconvaincu que, sans le prince de la Paix, tout serait allé plus mal. Aufond il était triste et malade. On crut sa mort prochaine. La nation,sans lui vouloir du mal, vit dans cette mort la fin de ses humiliations;le prince des Asturies, la fin do son esclavage ; la reine et Godoy, lafin de leur pouvoir. Pour ces derniers, c’était plus que le terme d’unpouvoir usurpé, c’était une catastrophe ; car ils supposaient que leprince des Asturies se vengerait, et ils mesuraient cette vengeance àleurs propres sentiments. C’est pour ce motif que le prince de la Paixavait attaché tant de prix à devenir souverain des Algarves.
Divers moyens furent successivement imaginés par la reine et par