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son trône et sa vie dans les indices dénoncés, soutint qu’il fallait agirsur-le-champ, ne pas craindre un éclat devenu nécessaire, envahir l’ap-partement du prince à l’improviste, et enlever ses papiers avant qu’ileût le temps de les détruire. Le faihle Charles IV , incapable d’aper-cevoir dans quelle voie il s’engageait par une pareille démarche, con-sentit à tout ce qu’on lui demandait, et le soir même, 27 octobre,jourde la signature du traité de Fontainebleau, permit qu’on violât la de-meure de son fils, et qu’on saisît ses papiers. Le jeune prince, qui,sauf un peu de finesse, n’avait ni esprit ni courage, fut conslerné, etlivra sans résistance tout ce qu’il avait. Les papiers dont nous venonsde faire mention, mêlés à d’autres plus insignifiants, furent portés chezla reine, qui voulut les examiner elle-même. On devine les emporte-ments de cette princesse, en lisant l’écrit où étaient dénoncées toutesles turpitudes du favori, et où les siennes étaient au moins indiquées.Si faible, si asservi que fût l’infortuné Charles IV , cette pièce pourtantn’aurait pas suffi pour lui persuader que son fils avait médité un crime,et elle aurait peut-être, en dessillant ses yeux, atteint le but que lechanoine Escoïquiz et Ferdinand s’étaient proposé. Mais il y avait mal-heureusement d’autres papiers, tels qu’un chiffre destiné à une corres-pondance mystérieuse, de plus l’ordre qui nommait le duc de l’infantadocommandant de la Nouvelle-Castille, et sur lequel la date avait étélaissée en blanc afin de la mettre au moment de ia mort du roi. Cesdernières pièces suffisaient à la reine pour construire toutes les suppo-sitions imaginables, pour tromper l’infortuné Charles IV , pour setromper elle-même. Ne se contenant plus à la lecture de ces papiers,elle dit, peut-être elle crut, que c’étaient là les preuves d’une conspira-tion tendant à détrôner elle et son époux, à menacer même leurs jours;car pourquoi ce chiffre, si ce n’était pour correspondre avec des cons-pirateurs? pourquoi cette nomination d’un commandant militaire, parFerdinand qui n’était pas encore roi, si ce n’était pour consommer unecriminelle usurpation? Cette démonstration, présentée au pauvreCharles IV avec beaucoup d’emportements et de cris pour uniquepreuve, le remplit de trouble. Il versa des larmes de douleur sur unfils qu’il aimait encore, et qu’il était affligé de trouver si coupable;puis il remercia le ciel qui sauvait d’un si grand péril sa vie, son trône,sa femme, sou ami Emmanuel. La reine , que l’exaltation naturelle àson sexe portait à prendre en tout ceci une initiative commode pourle favori, la reine déclara qu’il fallait une répression prompte, éner-