FOSTAI.M BLEAU.
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néanmoins à se révolter contre la main étrangère qui tenterait de lesopérer pour elle. Il ajournait donc, n’étant ni pressé, ni fixé quant auparti à prendre, témoin le traité de Fontainebleau , qui ne contenaitque des ajournements. Mais un fils qui s’adressait à lui pour demanderune épouse et sa protection, un père qui lui dénonçait ce fils commecriminel, lui offraient une occasion, pour ainsi dire forcée, de se mêlerimmédiatement des affaires d’Espagne ; et tout plein encore de doutes,d’anxiétés, désirant, redoutant ce qu’il allait entreprendre, l’entrepre-nant par une sorte d’entraînement fatal, il donna des ordres précipités,signes d’une volonté fortement excitée.
Jusqu’ici les mouvements de troupes prescrits par lui n’avaient euque le Portugal pour but '. Mais dès ce moment les préparatifs reçu-rent une étendue et une accélération qui ne pouvaient laisser aucuneincertitude sur leur objet. Il avait composé l’armée du général Junot,destinée à envahir le Portugal, avec les trois camps de Saint-Lô ,Ponlivy, Napoléon ; l’armée de réserve du général Dupont (connuesous le titre de deuxième corps de la Gironde ), avec les premiers,deuxièmes et troisièmes bataillons des cinq légions de réserve, et quel-ques bataillons suisses. Ces deux armées, l’une déjà entrée enEspagne, l’autre en route pour Bayonne , présentaient un effectif de50,000 hommes environ. Ce n’était pas assez, si de graves événementséclataient dans la Péninsule, car la seconde de ces armées pouvaitseule être employée en Espagne . Napoléon accéléra sa marche versBayonne , ordonna au général Dupont d’aller sur-le-champ se mettreàsa tète, et résolut d’en composer une troisième, qui empruntât sontitre au besoin spécieux de veiller sur les côtes de l’Océan, privées destroupes consacrées à leur garde. Il appela cette troisième armée corpsd’observation des côtes de l’Océan , lui donna pour la commander lemaréchal Monccy, qui avait fait jadis la guerre en Espagne , et voulutquelle fût forte d’environ 3 4,000 hommes. Il puisa pour la composerdans les dépôts des régiments de la grande armée, stationnés sur leRhin, de Bâle à Wesel . Ces dépôts, qui avaient reçu plusieurs cons-criptions, et qui n’avaient plus d’envois à faire à la grande armée,
’ La lecture réitérée de sa correspondance la plus secrète m'a prouvé que jus-qu’aux événements de l’Escurial il songeait au Portugal seul, et qu’à partir de cesévénements il ne pensa plus qu’à l’Espagne . Les dates de scs ordres, comparéesavec les dates des nouvelles de Madrid , ne peuvent laisser aucun doute sur leurcorrélation, et prouvent que les uns furent la suite certaine des autres.