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LIVRE XXVIII.

abondaient en jeunes soldats, dont l’instruction était déjà commencée,et à l’égard de quelques-uns presque achevée. Pour un corps d'obser-vation, soit en France, soit en Espagne , Napoléon croyait ces jeunessoldats très-suffisants. Il ordonna donc de tirer des quarante-huitdépôts stationnés sur le Rhin quarante-huit bataillons provisoires,composés de quatre compagnies à 150 hommes chacune, ce qui faisait.600 hommes par bataillon, et en tout 28,000 hommes d’infanterie.Il ordonna de réunir quatre de ces bataillons pour former un régiment,deux régiments pour former une brigade, deux brigades pour formerune division, et de distribuer le corps entier en trois divisionssous les généraux Musnier, Gobert, Morlot. Les points où ellesallaient s’organiser étaient Metz, Sedan, Nancy . Ces troupes devaientavoir l’organisation de corps provisoires, chaque bataillon relevanttoujours du régiment dont il était détaché. Napoléon ordonna d’atta-cher à chaque division une batterie d’artillerie à pied, de former àBesançon et la Fcre trois autres batteries d'artillerie à cheval, ce quidevait porter l’artillerie totale du corps à 56 bouches à feu. Le généralMouton eut ordre de se transporter à Metz, Nancy, Sedan , pour sur-veiller l’exécution de ces mesures. Les quatre brigades de cavalerie, deformation provisoire aussi, réunies à Compiègne, Chartres , Orléans etTours , furent distribuées entre les deux corps des généraux Monceyet Dupont. Les cuirassiers et les chasseurs furent affectés à celui dugénéral Dupont, les dragons et les hussards à celui du maréchal Mou-ccy. L’armée du général Junot suffisant à l’occupation du Portugal , ilrestait donc, pour parer aux événements d’Espagne , le corps du géné-ral Dupont, intitulé deuxième de la Gironde , le corps du maréchalMoncey, intitulé corps d'observation des côtes de l Océan , présentantà eux deux une soixantaine de mille hommes. Enfin, les nouvelles deMadrid s’aggravant de jour en jour, Napoléon prescrivit, comme ill'avait déjà fait, l’établissement de relais de charettes de Metz, Nancyet Sedan à Bordeaux , afin de transporter les troupes en postes. Pourles encourager à supporter la fatigue, et aussi pour cacher son but, ilenjoignit de dire aux soldats qu’ils allaient au secours de leurs frèresdu Portugal , menacés par la descente d’une armée anglaise.

Napoléon fil coïncider avec le mouvement de ses conscrits vers l’Es-pagne un mouvement rétrograde de ses vieux soldats vers le Rhin .Tous les pays au delà de la Vistule furent évacués. Le maréchalBavousl, qui avec les Polonais, les Saxons, son troisième corps, et