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FONTAINEBLEAU .

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puissance colossale, effrayante, si l’on songe surtout que la plusgrande partie se composait de soldats éprouvés, que les conscritseux-mêmes étaient enfermés dans d’anciens cadres, que tous étaientcommandés par les officiers les plus expérimentés, les plus habilesque la guerre eût jamais produits, et que ceux ci enfin marchaientsous les ordres du plus grand des capitaines!

Après avoir rapproché du Rhin ses vieilles troupes, et poussé lesjeunes vers les Pyrénées , Napoléon, plein d’une avide curiosité, attenditimpatiemment les nouvelles de Madrid , qu’il croyait devoir se succédercoup sur coup à la suite d’un éclat tel que l’arrestation de l’héritierprésomlif de la couronne. N'ayant aucune résolution prise, espérantdes événements celle qui serait la plus conforme à ses désirs, ne se fiantnullement à l'esprit de M. de Bcauharnais, quoiqu’il se fiât pleine-ment à sa droiture, il ne lui donna d’autre instruction que celle detout observer, et de tout mander à Paris avec la plus grande céléritépossible.

C’est par secousses successives que se développent les grandes révo-lutions, et avec des intervalles entre elles toujours plus longs que ne levoudrait l’impatience humaine. C’est ce qui arriva cette fois en Espagne .Les événements ne s’y précipitèrent pas aussi vile qu’on l’aurait crud’abord.

quelle il lui expose lui-même, et en grande confidence, l’immense étendue de scsforces, lettre où éclate, avec l’orgueil de les voir si grandes, l’embarras d'en avoirà payer de si nombreuses :

Lettre de l’Empereur au roi de Naples.

« Fontainebleau , al octobre 1307.

» Le grand besoin que j’ai d'étab ir le bon ordre dans l'état de mon militaire,afin de ne pas porter le dérangement dans toutes mes affaires, exige que j'établissesur un pied définitif mon armée de Naples , et que je sache qu’elle est bien entre-tenue.

n Vous jugerez du soin qu’il faut que je prenne des détails quand vous saurezque j’ai plus de 800,000 hommes sur pied. J’ai une armée encore sur la Passarge,près du Niémen, j’en ai une à Varsovie, j’en ai une en Silésie, j’en ai une à Ham-bourg, j'en ai une à Berlin , j'en ai une à Boulogne, j’en ai une qui marche sur lePortugal, j’en ai une seconde que je réunis à Bayonne, j’en ai une en Italie , j’en aiune en Dalmatie que je renforce en ce moment de 0,000 hommes, j’en ai une àNaples. J’ai des garnisons sur toutes mes frontières de mer. Vous pouvez doncjuger, lorsque tout cela va refluer dans l’intérieur de mes États et que je ne pourraiplus trouver d'allégeance étrangère, combien il sera nécessaire que mes dépensessoient sévèrement calculées.

» Vous devez avoir un inspecteur aux revues assez habile pour vous faire l'étatde ce que doit vous coûter un régiment scion nos ordonnances. »