LIVRE XXVIII.
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Le prince des Asturies, engagé dans une trame peu criminelle assu-rément, dont le but, après tout, n’était que de détromper un père abuséet de prévenir un acte d’usurpation , le prince des Asturies, engagédans cette trame, saas prudence, sans discrétion, sans courage, devaitbientôt prouver qu’il méritait l’esclavage auquel il avait voulu se sous-traire. Enfermé seul dans son appartement, effrayé quand il songeaitau sort que le fondateur de l’Escurial, Philippe 11 , avait fait éprouver ài’iufant don Carlos, tout plein d’idées exagérées sur la cruauté dufavori, assez crédule pour admettre que ce favori et sa mère avaientl'ait empoisonner sa première femme, il s’imagina qu’il était perdu, etvoulut sauver sa vie par le plus lâche des moyens, la délation de sesprétendus complices. Ce fils, de valeur égale, comme on le voit, à ceuxcontre l’oppression desquels il luttait, tonna le projet de se jeter auxpieds de sa mère, de lui tout avouer 5 aveu qui ne devait guère la satis-faire s’il ne lui disait que la vérité, mais qui deviendrait une infâmetrahison, si pour lui complaire il chargeait ses complices de crimessupposés. Après la communication aux membres des conseils rapportéeplus haut, le roi était allé chercher à la chasse 1 oubli ordinaire dessoucis du trône, qu’il ne pouvait supporter au delà de quelquesiuslants.La reine se trouvait seule à l’Escurial, toujours transportée de colère.Emmanuel Godoy, resté malade à Madrid , s’y faisait passer pour plusmalade qu’il n’était. Ferdinand fit supplier sa mère de venir le voirdans sou appartement, pour recevoir ses aveux , l’expression de sonrepentir, et l’assurance de sa soumission. Cette princesse, qui avaitplus d’esprit que son fils, et qui ne voulait pas d’une réconciliation ,suite probable de l’entrevue demandée par le prince, lui envoya M. deCaballero, ministre de grâce et dejustice, personnage fort avisé,sachantprendre tous les rôles, mais entre tous préférant celui qui le rappro-chait du parti victorieux. Ferdinand s’humilia profondément devant ceministre de son père, déclara ce qui s’était passé, en réduisant toutefoisson récit à la vérité, qui n’était pas bien accablante; soutint qu’il11’avait voulu que se prémunir contre uneatteinteà ses droits, et ajouta,ce qu’on ignorait, qu’il avait écrit à Napoléon pour lui demander lamain d’une princesse française. Ce qu’il y eut de plus grave dans sesaveux, ce fut de désigner les ducs de Sau-Carlos et de l’infantado,et surtout le chanoine Escoïquiz , comme les instigateurs quil’avaient égaré. Sa déclaration eut pour résultat de faire arrêtersur-le-champ, avec une brutalité inouïe, et iucarc-ércr à l’Escurial lis