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L1VBE XXIX.

velles et sa présence décidèrent définitivement le départ de la familleroyale pour le Brésil . On avait, dans la supposition qu’il faudrait peut-être fermer le Tage aux Anglais , armé, tant bien que mal, ce quirestait de la flotte portugaise, c’est-à-dire un vaisseau de quatre-vingts,sept de soixante-quatorze, trois frégates et trois bricks. La nouvellede l’entrée de Juuot à Abranlès, auquel il suffisait de trois marchespour arriver à Lisbonne , ayant été connue dans celte capitale le27 novembre, on mit à bord la famille royale et une partie de l’aristo-cratie, avec ce qu’elle pouvait emporter de ses effets précieux. Par untemps affreux, une pluie battante, on vil les princes, les princesses, lareine mère, les yeux égarés par la folie, presque toutes les personnescomposant la cour, beaucoup de grandes familles, hommes, femmes,enfants, domestiques, au nombre de sept ou huit mille individus, s’em-barquer confusément sur l’escadre, et sur une vingtaine de grands bâti-ments consacrés au commerce du Brésil . Le mobilier des palais royauxet des plus riches maisons de Lisbonne , les fonds des caisses publiques,l’argent que le régent avait pris soin d’amasser depuis quelque temps,celui que les familles fugitives avaient pu se procurer, tout gisait surles quais du Tage , à moitié enfoui dans la boue, aux yeux d’un peupleconsterné, tour à tour attendri de ce spectacle douloureux, ou irritéde celte fuite si lâche,quile laissait sans gouvernement et sans moyensde défense. La précipitation était si grande, que, sur quelques-uns deces bâtiments qu’on chargeait de richesses, on avait oublié de placerles vivres les plus indispensables. Dans la journée du 27, tout fut em-barqué, et trente-six bâtiments de guerre ou de commerce, rangés au-tour du vaisseau amiral, au milieu du Tage, large devant Lisbonne comme un bras de mer, attendirent le vent favorable, tandis qu’une po-pulation de trois cent mille âmes les regardait tristement, partagée

le Portugal Le prince régent du Portugal perd son trône; il le perd, influencé parles intrigues des Anglais ; il le perd pour n'avoir pas voulu saisir les marchandisesanglaises qui sont à Lisbonne . Que fait donc l’Angleterre, cette alliée si puissante ?Elle regarde avec indifférence ce qui se passe en Portugal . Que fera-t-elle quandle Portugal sera pris? Ira-t-elle s’emparer du Brésil ? Non : si les Anglais fontcelte tentative, les catholiques tes chasseront. La chute de la maison de Bragancerestera une nouvelle preuve que la perte de quiconque s’attache aux Anglais estinévitable. »

L’est là probablement ce qu’on a entendu par le décret déclarant que la maisonde Br, gance avait cessé de régner; c’est là le Moniteur qui, paraissant à Paris te13, rendu à Londres le 13 ou le 16, put par l'amirauté arriver le 23ou le 24à bordde la flotte anglaise, et être communiqué au prince régent de Portugal .